Dépister une inflammation intestinale sans faire de coloscopie

Il n’est pas toujours évident de faire la différence entre le syndrome de l’intestin irritable – ou SII – et une maladie inflammatoire de l’intestin – telle que les MICI  : maladie de Crohn et recto-colite hémorragique.

Les symptômes peuvent être les mêmes. Cependant, les conséquences et les traitements sont, quant à eux, différents.

Contrairement au SII, les MICI sont caractérisées par des lésions organiques. Auparavant, il n’existait qu’un seul moyen pour déceler la présence de lésions : faire une coloscopie.

Aujourd’hui, on peut faire la différence entre SII et MICI avec une simple analyse de selles en dosant la calprotectine fécale, qui est un marqueur de l’inflammation.

Si le taux de calprotectine < 50 µg/g cela signifie qu’il s’agit d’un syndrome de l’intestin irritable.

Si le taux de calprotectine  > 150 µg/g c’est caractéristique de la présence de lésions digestives des muqueuses ou des ulcérations, typiques des phases de poussées dans les MICI.

Ainsi, le dosage de calprotectine dans les selles est utile pour faire la différence entre un SII et une maladie organique de type MICI.

De plus, il permettra, dans les MICI, de contrôler l’état des muqueuses et d’ajuster plus finement les traitements médicamenteux du malade.

Une élévation de la calprotectine signifie que le malade est en poussée inflammatoire – ce qui n’est pas forcément signalée par la présence de symptômes – et qu’il faut lui donner un traitement adéquate.

Une normalisation des taux de calprotectine, quant à elle, atteste la cicatrisation de la muqueuse.

Pour plus d’informations, demandez conseils à votre médecin.

 

 

Un commentaire

  1. Le taux de calprotectine peut-il être faussé ?

    Je suis dans une situation assez particulière : souffrant depuis le mois de mai 2017 de diarrhées chroniques très douloureuses, j’ai passé plusieurs examens. D’abord prise de sang avec CRP et Vitesse de Sédimentation négatives, puis une coproculture négative.
    J’ai alors passé une coloscopie et une fibroscopie.
    La fibroscopie est quasi-normale, elle a juste révélé une légère érosion au niveau de l’estomac (gastrite superficielle). Je n’ai jamais ressenti aucune douleur à l’estomac.
    La coloscopie, quant à elle, a révélé des lésions :
    Le côlon transverse présente une muqueuse inflammatoire.
    Au niveau du côlon sigmoïde et du haut rectum, on note la présence de multiples érosions aphtoïdes, toutefois superficielles.
    Cet aspect pourrait faire évoquer une forme débutante de maladie de Crohn colique.

    Depuis, je suis sous Pentasa (4 g granulés depuis quatre mois + 1 lavement le soir depuis un mois). Cela a permis de réduire les crises, mais pas de les stopper.

    J’ai fait le test de la calprotectine et le résultat est très faible : 6 mg. Pourtant, il y avait bel et bien une inflammation et des érosions aphtoïdes à la coloscopie.
    Qu’est-ce que cela signifie ?

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    • Bonjour,

      Beaucoup d’examens ne sont pas fiables à 100%. Vos résultats de calprotectine sont vraisemblablement faussement négatifs (ce qui est le cas chez 8 % des adultes et 6 % des enfants). Les biospsies sont beaucoup plus fiables.

      Savoureusement digeste,

      Julie D.

      Reply
  2. Bonjour,
    Je reviens sur ce site, car j’ai passé une nouvelle coloscopie le 11 avril dernier. Résultat : tout est normal, toutes les lésions au côlon ont disparues.
    On note juste une gastrite antrale avec reflux biliaire à la fibroscopie (malgré la prise de Pentoprazole).
    Seulement, mes diarrhées chroniques n’ont malheureusement pas cessé et j’ai toujours des crises, alors comment expliquer cela ?
    Mon gastro dit maintenant que j’ai le syndrome du côlon irritable (sans pour autant avoir de maux de ventre, juste d’horribles crises de diarrhées avec fortes douleurs anales).

    Mais je trouve mon cas très étrange, car même si les lésions ont disparues, le fait est qu’à la première coloscopie, j’avais bel et bien des érosions aphtoïdes et une inflammation au côlon, voilà la raison pour laquelle je suis sous Pentasa depuis huit mois…
    Or, en cas de syndrome du côlon irritable, il n’y a JAMAIS de lésions…

    Dans mon cas, un coup j’ai des lésions, un coup je n’en ai plus… dans les 2 cas les symptômes sont exactement les mêmes…
    Comment expliquez-vous cette situation invraisemblable ?

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