Maman, j’ai mal au ventre

C’est la semaine de la rentrée pour votre enfant et il se plaint de maux de ventre.

Quelles sont les causes des maux de ventre des enfants ?

Dans la très grande majorité des cas, ces maux sont dus au stress, le fait de se retenir d’aller à la selle dans l’établissement, une mauvaise hygiène de vie ou au syndrome de l’intestin irritable.

Le Syndrome de l’Intestin Irritable se manifeste avec les mêmes symptômes pour les enfants que pour les adultes avec :

  • des douleurs abdominales et/ou
  • des ballonnements et/ou
  • des excès de flatulences et/ou
  • des dérèglements du transit diarrhée et/ou constipation.

D’autres maladies gastro-intestinales plus graves – mais très minoritaires heureusement – peuvent être responsables de symptômes digestifs similaires. C’est pourquoi, il est important de consulter un médecin afin qu’il pose un diagnostic.

Ainsi, on estime que 20% des enfants scolarisés aux USA ont le syndrome de l’intestin irritable (aucune estimation a été faite en France mais les chiffres s’en rapprocheraient). Or ce pourcentage augmente avec l’âge tel que : 9,5% des enfants concernés sont en primaire, 15,4% sont au collège et 26% au lycée. En tout cas, nous savons qu’en France, les maux de ventre sont une des principales causes d’absentéisme à l’école.

Que faire si mon enfant souffre de maux de ventre fonctionnels ?

Stress, alimentation, sédentarité et se retenir d’aller à la selle sont les 4 principaux facteurs aggravants sur lesquels vous pouvez jouer.

Mieux gérer le stress

Si votre enfant est sujet au stress, et que cela a des répercussions sur ses symptômes. Essayez de déterminer la ou les causes de son stress et aidez-le à mieux le gérer (seul ou accompagné par un professionnel).

Lutter contre la sédentarité

La sédentarité contribue notamment à la constipation. Donc pour leur bien-être digestif (mais pas que!), limitez les écrans et encouragez votre enfant à bouger.

Facilité l’accès aux toilettes à l’école

Comme on peut le comprendre, il est plus facile et confortable d’aller à la selle à la maison qu’à l’école.

Si on se retient, le rectum se remplit de selles avec un potentiel risque de débordement – dans ce cas, l’enfant va souiller ses sous-vêtements – ou de former un bouchon de selles solides appelé fécalome qui sera difficile et douloureux d’évacuer.

Si vous sentez que votre enfant évite d’aller aux toilettes à l’école, il peut être utile d’en parler avec les enseignants. Cela rendra d’ailleurs certainement service aux autres enfants. Des moyens simples peuvent faciliter la possibilité d’aller à la selle à l’école : expliquer aux enseignants et aux enfants la physiologie du transit et la nécessité de répondre à ses besoins, mettre en place des astuces pour signaler sans honte le besoin d’aller aux toilettes (ex: en croisant les bras devant soi au lieu de devoir le demander à haute voix), apprendre le respect de l’intimité des lieux et des personnes qui s’y trouvent, veillez à la propreté des wc et à ce qu’il y ait toujours du papier toilette…

Modifier l’alimentation

Parfois un simple rééquilibrage de l’alimentation peut suffire.

Veuillez donc à ce que votre enfant, mange varié avec :

  • des féculents à chaque repas en privilégiant des céréales ou dérivés complets ou semi-complets
  • une portion de légumes et/ou de fruits à chaque repas crus ou cuits
  • de la viande, du poisson ou des œufs sur un repas
  • 2 à 3 produits laitiers (un verre de lait, un yaourt ou une portion de fromage)/jour

Limitez les boissons gazeuses et les boissons sucrées (y compris les jus de fruits).

Pour les produits plaisirs sucrés, privilégiez les aliments bruts (ex: tartines pain et confiture ou chocolat) aux biscuits et autres produits industriels qui sont souvent gras. Or des des excès de gras sont connus pour retenir les gaz et augmenter la sensibilité rectale.

Parfois il est nécessaire d’aller plus loin

Les enfants sont par exemple très friands de pommes crues ou en compotes, de produits riches en blé (pâtes, biscuits, pain) et de lait et yaourt. Or ces aliments sont riches en sucres fermentescibles, appelés FODMAPs. Difficiles à digérer, leur fermentation peut engendrer des douleurs, des ballonnements et des troubles du transit.

Ainsi, une étude clinique portant sur des enfants ayant le syndrome de l’intestin irritable âgés de 7 à 17 ans a démontré que le régime FODMAPs a réduit l’intensité et la fréquence des douleurs abdominales et une amélioration globale du bien-être digestif après seulement 2 jours de mise en place de ce régime.

Le régime pauvre en FODMAPs, comme tout régime restrictif, peut, s’il est mal appliqué, engendrer des déséquilibres nutritionnels mais aussi développer des peurs alimentaires voire des troubles du comportement alimentaire. Pour préserver au maximum les enfants de ces risques, ce régime doit être prescrit par un médecin et/ou suivi par un diététicien-nutritionniste.

Pour les enfants qui mangent à la cantine, et parce qu’il est moins évident de gérer des intolérances alimentaires en collectivité, votre diététicien-nutritionniste peut également vous aider à mettre en place un PAI (Protocole d’Accueil Individualisé).

Bonne rentrée à toutes et à tous 😉

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