Intolérance non-coeliaque et non-allergique au gluten. Où en est on?

Depuis les années 1980, le régime sans gluten prend de plus en plus d’ampleur. Une multitudes de blogs ou de livres sur le sujet voient le jour sur Internet et dans les librairies. De plus en plus de rayons aux supermarchés sont consacrés au sans-gluten. Les restaurants spécialisés ou proposant des menus sans gluten sont de plus en plus nombreux.

Moi, je dis tant mieux pour les personnes qui ont la maladie cœliaque, tant mieux pour celles qui sont allergiques aux protéines de blé et pour celles qui sont intolérantes aux FODMAP du blé. Cette mode du sans-gluten permet que le grand public et les professionnels de santé ou de la restauration soient plus informés et sensibilisés. De plus, l’offre du sans gluten s’élargit de jour en jour.

En revanche, attention à la banalisation de cet effet de mode : on vend le sans gluten pour tout …. et (parfois) n’importe quoi : pour perdre du poids, pour augmenter les performances sportives, contre les troubles neuropsychiatrique (schizophrénie et autisme), contre le syndrome de l’intestin irritable (ou colopathie fonctionnelle)….

Faisons le point sur ce qu’en dit la science:

Pour cela, je me baserai sur un article scientifique franco-germano-italo-ibérico-hollando-américain (il y avait du monde dans cette étude!) paru il y a quelques jours et qui fait l’état des lieux de la recherche sur l’intolérance non cœliaque et non allergique au gluten.

L’intolérance non cœliaque et non allergique au gluten ou hypersensibilité au gluten est définie comme un état dans lequel des symptômes sont aggravés suite à l’ingestion de gluten, en l’absence de marqueurs de la maladie cœliaque ou de l’allergie au gluten.

La prévalence de cette hypersensiblité est toujours floue. Elle concernerait tout de même plus les femmes et les adultes jeunes.

Les symptômes de cette intolérance généralement répertoriés sont des manifestations typiques du syndrome de l’intestin irritable ou colopathie fonctionnelle (dérèglement du transit, ballonnements, douleurs abdominales, flatulences), des manifestations extra-digestives : migraine, douleurs musculo-articulaires, fatigue chronique, problèmes cutanés (eczèma, plaque rouge), dépression, anémie.

Les causes?

A ce jour, il n’y a toujours pas de marqueur biologique prouvant qu’une intolérance non-coeliaque et non-allergique au gluten existe.

Le blé est la céréale à gluten la plus consommée dans nos pays industrialisés. On le retrouve dans le pain, les pâtes, les biscuits, les gâteaux, les tartes, les pizzas, les hamburgers…

Or, le blé et ses dérivés contiennent une multitude de composants. Les experts se demandent donc si c’est vraiment le gluten qui est en cause ou si c’est autre chose comme les inhibiteurs de l’alpha-amylase ou trypsine du blé, ou, les fructanes (= une sorte deFODMAP) du blé.

En ce qui concerne le Syndrome de l’intestin irritable (ou colopathie fonctionnelle) :

La dernière étude de l’équipe australienne chez qui j’ai été formée montrent que les FODMAPs ne sont pas l’unique facteur aggravant de symptômes digestifs chez ceux souffrant du syndrome de l’intestin irritable (ou colopathie fonctionnelle). Dans certains cas, il peut également y avoir une hypersensibilité aux protéines de blé (gluten et autres protéines).

Une autre étude montre que l’ingestion d’aliments contenant du gluten augmente la perméabilité intestinale chez les SII à tendance diarrhéique ayant un profil génétique HLA DQ2 et/ou DQ8.

En bref… des études complémentaires sont nécessaires pour préciser la prévalence, le mécanisme et les manifestations de l’intolérance non coeliaque et non allergique au gluten et pour trouver des marqueurs spécifiques de ce type d’intolérance. 

 

 

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