Scoop : transmission génétique du syndrome de l’intestin irritable

Si d’autres membres de votre famille souffrent du syndrome de l’intestin irritable, ce n’est pas du à un hasard malchanceux.

Un lien génétique vient d’être démontré par une équipe de scientifiques suédois dans une étude utilisant les données génétiques de 500 000 personnes et le suivi de 2 045 colopathes européens et américains.

Pour rappel, le syndrome de l’intestin irritable touche 5 à 15% de la population et concerne majoritairement les femmes. Or c’est justement sur le chromosome 9 des femmes, pas loin d’une région identifiée pour être liée à l’âge d’apparition des premières règles, que les scientifiques ont trouvé THE lien génétique du syndrome de l’intestin irritable et de la constipation fonctionnelle.

Il reste encore du travail à faire pour isoler et identifier le ou les gènes responsables parmi les 8 situés à cet endroit et chercher s’il y en a du côté des hommes.

En tout cas, c’est une belle avancée sur l’identification d’une des causes rentrant en jeu et peut être un début d’explication sur l’injustice de l’inégalité sexuelle de cette maladie.

Personnellement, mon frère a comme moi le syndrome de l’intestin irritable depuis l’adolescence. Et vous, avez-vous d’autres membres de votre famille concernés ?

 

Petit déjeuner pour intestins sensibles

Pour beaucoup, le petit déjeuner est le repas préféré de la journée. Pour ceux qui ont des ballonnements ou des problèmes de constipation ou diarrhée chroniques, en revanche, ce n’est pas toujours le cas : entre peur que cela déclenche les premiers symptômes et véritable casse-tête pour trouver un p’tit déj digeste.

Il est important de savoir que:

  • Les symptômes sont dus à ce qui a été mangé sur 48h, cela signifie que si vous avez des symptômes dans la matinée, ce n’est pas forcément du à ce que vous avez mangé pendant le petit déjeuner
  • Manger déclenche un réflexe gastro-colique, c’est à dire que lorsqu’on met un aliment dans la bouche, les bols alimentaires déjà présents dans le système digestif avancent vers la sortie pour faire de la place à ce qui va arriver. Il est donc normal d’avoir envie d’aller à la selle après un repas.
  • Le système digestif se remet en marche au réveil, après s’être mis au repos pendant le sommeil. Cela explique l’importance de bien dormir et pourquoi beaucoup de personnes vont aux toilettes de préférence le matin.
  • Le petit déjeuner n’est pas indispensable. Si vous n’avez pas faim un matin au réveil, cela signifie que votre corps n’a pas besoin d’énergie à ce moment là. Attendez donc que votre estomac ait faim – et donc que votre système digestif soit prêt à réceptionner de la nourriture pour manger en emportant par exemple une collation pour plus tard. En revanche, si vous avez faim et que vous vous privez de manger de peur d’avoir des symptômes, vous risquez par la suite et par fringale de manger trop et n’importe quoi ce qui finalement sera davantage problématique pour vos intestins.

Pour minimiser le risque de symptômes digestifs, je vous conseille donc de dormir suffisamment longtemps pour que vos intestins rechargent correctement leurs batteries, de manger pauvre en FODMAP équilibré et quand votre estomac a faim.

Voici une idée pour un petit déjeuner équilibré pauvre en FODMAP :

petit déjeuner FODMAP

Une boisson pour s’hydrater, exemple: la tisane Yogi Tea® Orange Gingembre car elle est pauvre en FODMAP et suffisamment fruité pour ne pas avoir besoin de rajouter du sucre.

Des tartines, exemple : le pain des fleurs® multicéréales, beurre et compote de fraises Bio Les Comtes de Provence® car cette dernière est bien pauvre en FODMAP et contient moins de sucre qu’une confiture classique.

Un fruit pauvre en FODMAP, exemple : un kiwi qui le fruit pauvre en FODMAP qui facilite le transit. En plus, nos kiwis français sont hyper bons et c’est encore la saison 😉

Un yaourt sans lactose, exemple: Activia® sans lactose avec un chouïa de sucre et des graines de chia pour les fibres et le craquant. Il est intéressant de noter que les yaourts sans lactose natures ont un goût plus sucré que les yaourts normaux sans avoir plus de calories, ce qui permet de rajouter moins de sucre pour tout autant de plaisir.

Et vous, qu’avez vous mangé ce matin?

Retrouvez d’autres idées d’aliments pauvres en FODMAP pour le petit-déjeuner dans le guide d’achat en supermarché : 1200 produits pauvres en FODMAP.

Maladie coeliaque ou syndrome de l’intestin irritable?

Comme nous l’avons vu dans l’article précédent des symptômes semblables peuvent avoir des causes différentes. C’est le cas pour l’endométriose mais aussi la maladie coeliaque qui peuvent se manifester par des ballonnements, douleurs abdominales, diarrhée et/ou constipation tout comme le syndrome de l’intestin irritable. Or les conséquences de ces maladies et leurs traitements sont différents.

afdiag syndrome de l'intestin irritable maladie coeliaque

La maladie coeliaque, une maladie sous diagnostiquée

1% des personnes auraient la maladie coeliaque mais seulement 20 à 30% des cas sont diagnostiqués. Les raisons principales sont une méconnaissance des symptômes et de l’âge d’apparition de cette maladie. Avant on pensait que la maladie coeliaque se manifestait dès l’enfance par de fortes diarrhées et un retard de croissance. Maintenant, il est établi scientifiquement que la maladie coeliaque peut se manifester par d’autres symptômes dont la constipation, l’ostéoporose, des problèmes d’infertilité, des migraines, de l’anémie. Elle peut aussi être asymptomatique, c’est à dire sans symptômes. Et elle peut se déclencher à tout âge.

Le diagnostic de la maladie coeliaque repose sur une analyse de sang et, si elle s’avère positive, une biopsie lors d’une gastroscopie. Mais ces tests dépendent de la consommation de gluten par la personne. Si la personne suit un régime sans gluten, les résultats peuvent être faussés et on passe donc à côté du diagnostic.

Des erreurs trop fréquemment commises

Il est fréquent que des personnes coeliaques ayant des symptômes intestinaux chroniques pensent à tort avoir le syndrome de l’intestin irritable. Ces erreurs sont aussi parfois commises par des professionnels ayant négligé de faire faire le dépistage de la maladie coeliaque.

Il est également fréquent que des personnes entreprennent de leur propre chef ou sur les conseils d’un professionnel un régime sans gluten « approximatif » sans avoir été dépisté pour la maladie coeliaque. Or, si une personne est soulagée, il sera difficile par la suite de lui faire réintroduire des doses suffisantes de gluten quotidiennes pour faire le dépistage correctement.

Résultat : si un malade coeliaque ne suit pas un régime sans gluten strict (c’est à dire sans traces de gluten à vie), il risque d’avoir de graves de problèmes de santé dont  par exemple l’ostéoporose ou certains cancers.

Il est donc impératif que toute personne ayant des symptômes intestinaux chroniques se fasse dépister pour la maladie coeliaque avant d’entreprendre toute éviction alimentaire.

Le témoignage de Marie 

« J’ai 38 ans. Je vis en couple et j’ai une petite fille.

J’ai commencé à souffrir de ballonnements et alternance constipation-diarrhée depuis l’adolescence. Au fur et à mesure du temps ces symptômes sont devenus presque quotidien et m’ont gâché la vie. On me disait que tout venait de la tête.

Puis, il y a 8 ans je suis allée consulter un professionnel. Il m’a préconisé de suivre le régime sans gluten.

Pendant toutes ces années personne ne m’avait demandé de vérifier si j’avais ou non la maladie coeliaque.

J’ai suivi le régime sans gluten. Je me suis sentie beaucoup mieux. Au bout d’un mois, j’avais retrouvé un ventre plat et un transit presque régulier.

C’était un vrai soulagement mais le régime sans gluten est assez contraignant et les tentations de produits à base de blé sont grandes. Je craquais donc régulièrement sur un vrai croissant le dimanche, une moitié de pizza en sortie, une petite tranche de pain pour manger le fromage ou un biscuit que je piquais à ma fille au goûter.

A la maison, mon mari et ma fille n’ont pas de problèmes intestinaux. Ils mangent donc du pain, des gâteaux ou des pâtes de blé. Par conséquent, j’ingurgitais du gluten caché tous les matins – sans le savoir – en utilisant le même beurre, la même confiture et le même grille-pain que les membres de ma famille et qui étaient donc contaminés de gluten.

Il y a un an, je suis tombée sur le trottoir en faisant les boutiques. Alors que ma chute était banale, je me suis cassée le bras. Les analyses ont montré que mes os étaient fragilisés par une ostéoporose précoce et en creusant les médecins se sont rendus compte que je souffrais – en fait – de la maladie coeliaque.

Depuis je suis un régime sans gluten strict mais si on m’avait diagnostiquée avant je n’aurais pas fait d’écart et mes os auraient été plus solides »

Avec l’état actuel des connaissances, les cas comme Marie ne devraient pas exister.

En bref:

Si vous souffrez de symptômes intestinaux et/ou si vous souhaitez entreprendre un régime sans gluten, faites vous donc dépister pour la maladie coeliaque.

Pour cela vous pouvez dans un premier temps, soit vous faire faire prescrire par votre médecin un dosage sanguin en anti-corps anti-transglutaminase IgA et total IgA (c’est remboursé par la sécurité sociale), soit faire un auto-diagnostic vendu en pharmacie (c’est non remboursé mais cela ne coûte qu’une vingtaine d’euros environ). Et si ce test s’avère positif, il sera nécessaire de consulter votre médecin pour qu’il approfondisse les examens et confirme le diagnostic. En cas de maladie coeliaque, une consultation chez un diététicien-nutritionniste spécialisé vous aiguillera pour mener à bien le régime sans gluten strict pour le reste de votre vie et éviter les erreurs fréquemment commises.

 

Endométriose, troubles intestinaux et régime FODMAP

Pour cette journée dédiée à la femme, je tenais à vous parler d’une maladie gynécologique qui concerne 1 femme sur 10 : l’endométriose.

endometriose symptômes digestifs

L’endométriose, késako?

C’est une maladie chronique inflammatoire. Elle est liée à la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus. Différents organes peuvent être touchés. Cette localisation anormale se manifeste par des lésions composées de cellules qui possèdent les mêmes caractéristiques que celles de la muqueuse utérine (l’endomètre) et se comportent comme elles sous l’influence des hormones ovariennes. Il en résulte une réponse inflammatoire et des adhésions pouvant entraîner des douleurs et dans certains cas une infertilité.

Les symptômes de l’endométriose :

L’endométriose peut engendrer des douleurs  – au moment des règles, de l’ovulation, des rapports sexuels (dyspareunie), de la défécation et/ou des mictions – et une infertilité.

De plus, 1 femme sur 3 ayant l’endométriose souffre aussi de symptômes digestifs semblables à ceux du syndrome de l’intestin irritable : douleurs abdominales, ballonnements, nausée, constipation ou diarrhée. Une étude a également montré que 79% des femmes ayant le syndrome de l’intestin irritable souffrent aussi d’endométriose.

Ce n’est d’ailleurs  pas les seules maladies ayant des symptômes en commun. Autre exemple, la maladie coeliaque peut se manifester par des symptômes digestifs semblables au syndrome de l’intestin irritable et une infertilité comme pour l’endométriose. Vous comprenez donc les risques de s’auto-diagnostiquer et l’importance de consulter un médecin pour poser un diagnostic précis.

Comment se faire diagnostiquer?

L’endométriose peut être détectée par un examen clinique et échographique, voire par une IRM. Toutefois, le diagnostic définitif s’appuie sur l’analyse du tissu endométrial prélevé au cours d’une laparoscopie.

Les traitements pour soulager les symptômes :

Les traitements sont préconisés uniquement s’il y a des symptômes et sont personnalisés en fonction des symptômes:

En cas de douleurs gynécologiques : le traitement de première intention consiste à prendre des contraceptifs dans le but de provoquer une aménorrhée . Néanmoins, si ce traitement n’empêche pas la progression des lésions, aussi lente soit-elle.

En cas de symptômes digestifs : le régime FODMAP a été démontré – dans une étude récente portant sur 160 femmes – pour diminuer de moitié les symptômes digestifs chez 62%  des femmes ayant l’endométriose.

La chirurgie est le traitement de référence de l’endométriose car elle permet de retirer les lésions de façon aussi exhaustive que possible. Ainsi, les symptômes douloureux peuvent disparaître pendant de nombreuses années, voire totalement.

En bref:

  • L’endométriose est une maladie inflammatoire chronique gynécologique fréquente
  • Les symptômes les plus fréquents sont des douleurs gynécologiques, une infertilité et des symptômes digestifs
  • Il est important de se faire diagnostiquer par un médecin
  • Les traitements hormonaux, le régime FODMAP et la chirurgie sont 3 traitements efficaces pour lutter contre les symptômes liés à l’endométriose

Pour en savoir plus sur l’endométriose, je vous invite à retrouver mon interview dans le magazine Rebelle-Santé du mois de mars.

Quel fruit pauvre en FODMAP manger pour lutter contre la constipation?

Si vous faites partie des 20% de personnes souffrant de constipation, vous connaissez certainement le vieux remède qui consiste à manger des pruneaux. C’est vrai que cela peut être efficace mais…pas de bol, ils contiennent des FODMAPs! Si vous avez le syndrome de l’intestin irritable, il y a donc de grandes chances que cela vous provoque des ballonnements ou des douleurs.  J’ai, en revanche, une bonne nouvelle à vous annoncer : il existe un autre fruit pauvre en FODMAP aux propriétés laxatives.

Quel fruit pauvre en FODMAP peut-on manger pour faciliter le transit ?

Je vous donne trois indices : il est vert, il est poilu et a une arme secrète cachée sous une des 2 extrémités (d’ailleurs, si vous l’épluchez, veillez bien à retirer ce pic).

Réponse = le KIWI

kiwi_laxatif_naturel

Son efficacité sur la constipation est prouvée scientifiquement.

Ainsi, plusieurs études montrent que manger 2 kiwis par jour augmente la fréquence et la consistance des selles, réduit le temps de transit dans le colon, et aide même à diminuer la prise de laxatifs médicamenteux.

De plus, ce fruit étant pauvre en FODMAP, il sera bien digéré par la plupart des personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable et n’engendrera donc pas de douleurs ou de ballonnements.

Comment ça marche?

Il semblerait que cette action sur le transit serait due aux fibres du kiwi qui ont une bonne capacité à retenir l’eau – bien pensez à boire pour en optimiser cette action – et à une enzyme, l’actidine qui stimulerait le transit.

En bref:

Si vous souffrez de constipation et que vous avez le syndrome de l’intestin irritable, mangez 2 kiwis par jour! C’est naturel, c’est bon, c’est sain et c’est pauvre en FODMAP.

Pensez également à manger quotidiennement d’autres fruits, des légumes et des céréales complètes pauvres en FODMAP afin d’apporter des fibres supplémentaires, à bien vous hydrater et à bouger.

Microbiote : ce que notre cerveau a dans le ventre

Voici une émission très intéressante sur le microbiote – enregistrée par France culture lors d’une table ronde entre plusieurs chercheurs.

Microbiote et découvertes

Les 8 points à retenir:

  1. Le microbiote (ou flore intestinale) est un véritable organe : on en a besoin pour vivre et il faut en prendre soin
  2. Les rôles du microbiote sont multiples : Il est une usine fabricant de nombreuses substances, il est en lien direct avec notre immunité, il influence notre façon de manger et il se pourrait même qu’il pilote certains traits de notre personnalité. J’ai trouvé ça très amusant l’exemple donné sur des souris agressives qui deviennent « gentilles » et vice-versa suite à l’échange de leur microbiote. C’est dingue, non ? Vous allez dire que je m’emporte mais vous imaginez que, finalement, les violences de ce monde pourraient en fait se résoudre en refilant des gélules d’excréments des êtres humains gentils et bienveillants aux agresseurs au lieu de les mettre en prison! ça laisse réfléchir.
  3. Nous avons chacun un microbiote unique mais ceux qui vivent sous le même toit ont des microbiotes présentant des similitudes certainement dues à l’alimentation
  4. Le microbiote des enfants nés par voie naturelle correspond au microbiote vaginal de la maman. De quoi rassurer les mamans frustrées à qui on dit que leur bébé ne leur ressemble pas 😉
  5. Les antibiotiques, une alimentation peu variée et la vieillesse sont les principaux coupables de son appauvrissement
  6. Un appauvrissement du microbiote augmentent le risque de certaines maladies et/ou les entretiens (diabète, obésité, cancer, parkison) via une inflammation de bas grade chronique
  7. Pour avoir un microbiote en bonne santé : mangeons plus de fruits, de légumes, de céréales complètes et de prébiotiques. Or les FODMAP sont des prébiotiques, d’où l’importance de réélargir votre alimentation.
  8. Deux belles perspectives de recherches pour l’avenir sont évoquées pour rééquilibrer le microbiote :
  • le séquençage du microbiote qui aidera à personnaliser les conseils nutritionnels. En une analyse de vos bêbêtes intestinales, on saura avec précision ce que vous devez manger pour être en meilleure santé. C’est génial, non?
  • le perfectionnement de la transplantation fécale et de l’auto-transplantation fécale. Je crois beaucoup en l’hypothèse émise par ces scientifiques qui consisterait à congeler son propre « caca » tant que nous sommes jeunes, beaux et en bonne santé dans le but de nous le réinjecter pour récupérer plus rapidement en cas de traitement antibiotique, chimiothérapeutique voire même pour nous guérir en cas de maladies. Époustouflant!

Vive l’alimentation microbiotique 😉

Régime FODMAP, une solution pour soulager ballonnements et intestin irritable

Pour tout savoir sur le régime pauvre en FODMAP, retrouvez mon interview sur Marie Claire en cliquant ici.

Je réponds aux questions suivantes:

Quel est l’impact des FODMAPs sur notre organisme ?

À qui s’adresse un régime pauvre en FODMAPs ?

En quoi consiste-t-il ?

Dans quels aliments trouve-t-on des FODMAPs ?

Fait-il perdre du poids ?

Avantages, inconvénients et contre-indications du régime FODMAPs

Teneur en FODMAP et listes actualisées d’aliments autorisés et déconseillés

Les FODMAP sont des sucres (lents et rapides) fermentescibles. Il y en a 5 catégories : le lactose, l’excès de fructose, les polyols, les fructanes et les GOS .

On en trouve dans les aliments de consommation courantes et notamment dans la plupart des produits laitiers, des fruits, des légumes, des céréales et des féculents. Il n’y en a, en revanche, pas du tout dans une huile végétale pure ou dans un morceau de viande ou de poisson frais nature.

Vous allez me dire « Mais du coup, on ne peut rien manger quand on suit un régime FODMAP ».

Cette affirmation aurait été vraie s’il s’agissait de régime SANS FODMAP. Fort heureusement, on parle bien de régime PAUVRE en FODMAP ce qui permet de manger toutes les catégories d’aliments à condition de faire des sélections. Il est donc tout à fait possible de conserver une alimentation équilibrée en suivant ce régime.

Les scientifiques ont établi des seuils pour chaque FODMAP pris individuellement et un seuil moyen de tous les FODMAP (hors lactose) pris conjointement au delà duquel la majorité des colopathes ressentent une aggravation de symptômes.

  • Si la teneur en FODMAP d’un aliment est en dessous de ces seuils, l’aliment est considéré comme pauvre en FODMAP et est autorisé.
  • Si la teneur en FODMAP est au dessus de ces seuils, l’aliment est considéré comme riche en FODMAP et est déconseillé.

La teneur en FODMAP est mesurée pour chaque aliment par des techniques très précises. Il faut environ 1 à 2 semaines pour déterminer la teneur en FODMAP d’un aliment.

Pour être exactes, les listes ont besoin d’être très détaillées. En effet, les scientifiques se sont aperçus que la teneur en FODMAP varie en fonction de la nature de l’aliment ou d’une partie de l’aliment, de la quantité et parfois du type de préparation. Cela a d’ailleurs l’inconvénient de complexifier ce régime et le gros avantage de lui conférer de nombreuses astuces.

Les équipes de chercheurs australiens ayant mis en place ce régime dosent les aliments du monde les uns après les autres depuis plus de 10 ans. C’est pourquoi les listes grandissent et se peaufinent au cours du temps et ont besoin d’être actualisées régulièrement. 

Parmi les dernières actualisations  les centres de dosage en FODMAP ont par exemple classé les pleurotes, le chou rave ou la levure de bière comme pauvres en FODMAP alors que les petit-pois en conserve rincés et le sucre de coco contiennent modérément des FODMAP.

Retrouvez les listes complètes avec plus de 450 aliments et actualisées sur www.fodmap.fr.

 

Syndrome de l’intestin irritable et abus psychologiques, physiques et sexuels

Je vais lancer 2 gros pavés dans la marre en abordant 2 sujets tabous :

Le syndrome de l’intestin irritable et les violences psychologiques, physiques et sexuelles.

Je me permets d’aborder le sujet car que de nombreuses études scientifiques portent sur le sujet et parce que je suis colopathe et que j’ai subi des violences psychologiques.

Un colopathe n’a pas forcément été victime de violences et une personne ayant subi des abus ne développe par forcément un syndrome de l’intestin cependant, il est établi que :

  • Il y a des familles de colopathes et donc un lien génétique
  • Il y a des familles avec des comportements violents
  • Le risque de développer une colopathie fonctionnelle est augmentée chez les personnes ayant subi des violences. Ainsi, une étude sérieuse de 2012 rapporte que 61% des colopathes ont subi des violences physiques (versus 49% dans la population générale), 55% ont subi des violences psychologiques versus 27% et 31% ont été abusés sexuellement versus 18%

Les scientifiques continuent de chercher le mécanisme liant ces deux problématiques. En tout cas, avoir été abusé n’augmenterait pas la sensibilité viscérale (cf une étude sur le sujet).  Le lien réside peut être du côté du microbiote puisqu’on sait que des violences répétées engendrent un stress chronique, qu’un stress chronique peut perturber le microbiote, et qu’un microbiote déséquilibré participe au développement du syndrome de l’intestin irritable.

En bref, sachant que :

  • le déni et le non-dit participe à la transmission inter-générationnelle de comportements de victimes et de bourreaux
  • l’épigénétique a démontré que l’environnement peut influer l’expression des gênes

Je pense, que plus on parlera ouvertement des violences quelque soit leurs natures, plus la prise de conscience – individuelle et collective – de ces problèmes va grandir, meilleure sera la prise en charge, moins il y aura d’abus mais aussi moins il y aura de syndrome de l’intestin irritable.

Si vous êtes concernés de près ou de loin par l’une de ces problématiques, partagez cet article et parlez en autour de vous, et si besoin, faites appel à des professionnels.

NB : pour rappel, les causes du syndrome de l’intestin irritable sont multi-factorielles et sont propres à chacun.