Le boum des hypersensibilités alimentaires

Vous pourrez découvrir dans le magazine ça m’intéresse de ce mois de novembre un dossier très intéressant de Alexandra Bogaert sur les hypersensibilités alimentaires  et dans lequel j’ai été interviewé.

Cet article parle en détails des très controversés tests d’hypersensibilités alimentaires aux IgG.

ça m'intéresse novembre 2013

ça m’intéresse novembre 2013

A retenir de cet article (dans le désordre):

– les personnes qui s’orientent vers les tests aux IgG sont surtout celles qui souffrent d’affections de type syndrome de l’intestin irritable, polyarthrite rhumatoïde, problèmes ORL ou cutanés…et qui n’ont pas trouvé de solutions dans la médecine traditionnelle. Je comprends tout à fait cette démarche puisque moi-même je les ai faits il y a plusieurs années.

– les prix de ces tests varient entre 118 et 505€ en fonction des laboratoires et des aliments testés et ne sont pas remboursables. Ce n’est pas à la portée de tout le monde mais quand on souffre on ne compte pas (ou moins), n’est-ce pas?

– les résultats des tests sont variables en fonction des laboratoires. On peut donc se demander quels laboratoires sont les plus fiables?

– Les aliments les plus hypersensibilisants sont les céréales à gluten, le blanc d’œuf, les produits laitiers, les amandes, la vanille, l’ananas, le kiwi, la banane.

La parole à été donnée à ceux qui sont POUR : Selon les médecins fondateurs des différents laboratoires pratiquant ces tests (laboratoires Zamaria, Imupro) : l’élévation du taux d’IgG à un aliment est révélatrice d’une hypersensibilité à cet aliment. L’ingestion de cet aliment associée à une hyperperméabilité intestinale provoque des symptômes. Cet hypersensiblité est réversible après quelques mois ou années d’éviction.

La parole a été donnée à ceux qui se méfient : Les milieux des allergologues et gastroentérologues sont prudents car les connaissances actuels sur le sujet ne permettent pas de relier l’élévation des IgG à des symptômes. Certaines études concluent même que l’élevation des IgG serait une réaction de tolérance immunitaire normale. De plus, les régimes d’éviction en découlant risquent d’entraîner des carences nutritionnels, un surcoût de l’alimentation, une exclusion sociale et chez certains une probable apparition d’allergies alimentaires.

Pour conclure : Je suis assez d’accord avec le représentant de la SFA interviewé dans cet article. Les intolérances alimentaires existent mais les raisons ne résident pas forcément au niveau des IgG. Si on reprend la liste des aliments les plus hypersensibilisants, d’autres raisons que les IgG pourraient expliquer que leur éviction entraîne une amélioration de symptômes chez certaines personnes. Ainsi, une amélioration de symptômes suite à l’éviction des céréales à gluten peut s’expliquer par exemple la présence d’une vraie intolérance à la protéine de gluten (maladie cœliaque ) ou d’une intolérance aux sucres fermentescibles (FODMAP) contenus dans les principales céréales à gluten. Une intolérance au lactose (un autre FODMAP) pourrait expliquer une amélioration de symptômes suite à l’éviction des produits laitiers. L’éviction d’aliments riches en amines, salicylates, glutamate pourraient aussi expliquer l’amélioration de symptômes suite à l’éviction des amandes, du kiwi, de l’ananas… Seuls des études sérieuses plus approfondies pourront nous éclairer à l’avenir. Toutefois, les résultats de ces tests auraient un point positif car ils permettraient de refléter la perméabilité intestinale d’une personne. Mais ça fait cher la mise en évidence, vous ne trouvez pas?

Pour en savoir plus, cliquez ICI pour lire un article que j’avais déjà rédigé sur le sujet

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