Plusieurs approches alimentaires pour améliorer les symptômes digestifs. Partie 2.

Voici la suite de l’article Plusieurs approches alimentaires pour améliorer les symptômes digestifs. Partie 1.

Les composants chimiques des aliments:

Pour déterminer si une personne est intolérante aux composants chimiques – naturels et synthétiques – des aliments (allergènes communs + salicylates, amines, glutamate), il est nécessaire de suivre un régime d’exclusion pendant 2 à 4 semaines suivi de tests de réintroduction.

Le mécanisme des intolérances aux composés chimiques est complexe. Ils stimuleraient les terminaisons nerveuses des personnes hypersensibles [Raithel et al. 2005]. En ce qui concerne la colopathie, des études complémentaires sont nécessaires pour confirmer leur efficacité sur les symptômes digestifs.

Les salicylates sont présents dans certains fruits et légumes, certaines herbes et épices, les noix, le thé et le café. Les amines sont, quant à elles, présentent principalement dans le chocolat, les poissons et les viandes fumés, certains fruits et légumes. Les glutamates sont présents dans les fromages fermentés, la sauce au soja et utilisés comme additifs dans certaines préparations industrielles [Swain et al. 2009].

Il n’existe pour l’instant pas d’autres moyens de dépistage de ces hypersensibilités.

L’hypersensibilité au gluten:

En dehors de la maladie coeliaque, le régime sans gluten est de plus en plus pratiqué par le grand public pour gérer le syndrome de l’intestin irritable, l’hyperactivité, la fatigue chronique… mais les preuves scientifiques sont faibles.

Beaucoup de colopathes ressentent une amélioration de leurs symptômes en suivant le régime sans gluten. Le principal problème est qu’un grand nombre d’entre eux ne se font pas dépister au préalable pour la maladie coeliaque. Or, il est indispensable, pour faire les tests de dépistage de la maladie coeliaque, de consommer régulièrement du gluten. Dans le cas contraire, les résultats des tests sont faussés.

Une seule étude  confirme qu’il existe une hypersensibilité non-coeliaque au gluten [Biesiekierski et al. 2010] (c’est la seule étude dissociant le gluten des fodmap contenus dans le blé). Dans cette étude, 68% des colopathes ont ressenti une aggravation de leurs symptômes digestifs suite à l’ingestion de gluten contre 40% ayant ingéré un placébo. Toutefois, les mécanismes de cette hypersensibilité sont pour l’instant inconnus.

Le café :

Le café est souvent incriminé par les colopathes pour aggraver leurs symptômes digestifs. Cependant, on ne sait pas si cela provient de la caféine, des salicylates, ou du lait pouvant être rajouté dans le café. Dans tous les cas, le café est confirmé pour être un stimulant colique et modifierait la motricité gastrointestinale [Rao et al. 1998].

Les graisses:

Les graisses ont également été impliquées pour augmenter l’hypersensibilité intestinale [Simren et al. 2007].

L’application de ses différentes méthodes :

L’application des alimentations pauvres en FODMAP ou en composants chimiques des aliments nécessite le suivi par un diététicien-nutritionniste afin de trouver des aliments de substitution à ceux éliminés et de garantir une alimentation équilibrée. De plus, si ces alimentations sont appliquées sans l’aide d’un professionnel en nutrition, les patients risquent soit d’être trop stricts en éliminant inutilement trop d’aliments, soit de consommer par erreurs des aliments riches en FODMAP ou en composants chimiques ce qui restreint l’efficacité de ces méthodes. Pour conseiller ces méthodes, le diététicien doit être spécialisé dans ce domaine, et il doit bien maîtriser la composition des aliments et les tests de réintroduction.

Chaque alimentation est conseillée au cas par cas, en fonction des symptômes et des antécédents médicaux.

Conclusion de l’article :

Il y a de plus en plus de preuves démontrant que l’alimentation joue un rôle dans les troubles fonctionnels intestinaux. Ces approches ne permettent pas de guérir mais elles aident à réduire les symptômes et à améliorer la qualité de vie des malades. L’approche la plus efficace est l’alimentation pauvre en FODMAP car elle fonctionne chez 74% des malades. L’alimentation pauvre en composants chimiques des aliments est également une piste prometteuse mais son application est plus complexe et des études d’approfondissement sont nécessaires. L’hypersensibilité au gluten semble exister mais des études plus poussées ont besoin d’être réalisées pour comprendre le mécanisme. La caféine et les graisses semblent également jouer un rôle chez certains colopathes.

Ainsi, l’alimentation pauvre en FODMAP est l’approche la plus efficace sans engendrer de déficits nutritionnels et devrait être prescrite en première intention.

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