Microbiote : ce que notre cerveau a dans le ventre

Voici une émission très intéressante sur le microbiote – enregistrée par France culture lors d’une table ronde entre plusieurs chercheurs.

Microbiote et découvertes

Les 8 points à retenir:

  1. Le microbiote (ou flore intestinale) est un véritable organe : on en a besoin pour vivre et il faut en prendre soin
  2. Les rôles du microbiote sont multiples : Il est une usine fabricant de nombreuses substances, il est en lien direct avec notre immunité, il influence notre façon de manger et il se pourrait même qu’il pilote certains traits de notre personnalité. J’ai trouvé ça très amusant l’exemple donné sur des souris agressives qui deviennent « gentilles » et vice-versa suite à l’échange de leur microbiote. C’est dingue, non ? Vous allez dire que je m’emporte mais vous imaginez que, finalement, les violences de ce monde pourraient en fait se résoudre en refilant des gélules d’excréments des êtres humains gentils et bienveillants aux agresseurs au lieu de les mettre en prison! ça laisse réfléchir.
  3. Nous avons chacun un microbiote unique mais ceux qui vivent sous le même toit ont des microbiotes présentant des similitudes certainement dues à l’alimentation
  4. Le microbiote des enfants nés par voie naturelle correspond au microbiote vaginal de la maman. De quoi rassurer les mamans frustrées à qui on dit que leur bébé ne leur ressemble pas 😉
  5. Les antibiotiques, une alimentation peu variée et la vieillesse sont les principaux coupables de son appauvrissement
  6. Un appauvrissement du microbiote augmentent le risque de certaines maladies et/ou les entretiens (diabète, obésité, cancer, parkison) via une inflammation de bas grade chronique
  7. Pour avoir un microbiote en bonne santé : mangeons plus de fruits, de légumes, de céréales complètes et de prébiotiques. Or les FODMAP sont des prébiotiques, d’où l’importance de réélargir votre alimentation.
  8. Deux belles perspectives de recherches pour l’avenir sont évoquées pour rééquilibrer le microbiote :
  • le séquençage du microbiote qui aidera à personnaliser les conseils nutritionnels. En une analyse de vos bêbêtes intestinales, on saura avec précision ce que vous devez manger pour être en meilleure santé. C’est génial, non?
  • le perfectionnement de la transplantation fécale et de l’auto-transplantation fécale. Je crois beaucoup en l’hypothèse émise par ces scientifiques qui consisterait à congeler son propre « caca » tant que nous sommes jeunes, beaux et en bonne santé dans le but de nous le réinjecter pour récupérer plus rapidement en cas de traitement antibiotique, chimiothérapeutique voire même pour nous guérir en cas de maladies. Époustouflant!

Vive l’alimentation microbiotique 😉

Infection à l’Helicobacter pylori : comment bien la diagnostiquer et l’éradiquer

Si vous ressentez des symptômes de dyspepsie dans la partie haute du tube digestif tels que : douleurs gastriques pouvant irradiées jusque dans le dos, nausées et ballonnements, vous avez peut être une infection à l’H.pylori.

Que faire pour être bien diagnostiqué ?

  • Consulter votre médecin pour qu’il pose un diagnostic en vous faisant réaliser soit un test respiratoire, Helikit (surtout pour ceux de moins de 45 ans sans antécédents ou signes d’alarmes particuliers), soit une endoscopie avec biopsies (surtout pour ceux de plus de 45 ans et/ou avec antécédents ou signes d’alarmes spécifiques).
  • Bien signaler à votre médecin, si vous prenez ou avez pris sur les deux semaines précédent l’examen, un traitement d’IPP ou d’antibiotique, car ces derniers peuvent fausser les résultats des examens et donc vous risquez de passer à côté du diagnostic.

Que faire pour bien éradiquer H.pylori?

  • Votre médecin vous prescrira un traitement à base d’antibiotiques et d’IPP.
  • Traiter une infection à l’H.pylori est primordial, puisque dans le cas contraire, cette infection est responsable de la plupart des cancers gastriques.
  • Il est impératif donc de bien respecter la posologie et la durée du traitement pour être sûr de bien éradiquer l’H.pylori, de limiter les récidives, et de limiter les risques de résistances aux antibiotiques.

Comment savoir si l’H.pylori a bien été éradiqué?

  • Il est primordial de refaire un examen environ 2 à 4 semaines après l’arrêt des traitement pour vérifier si l’H.pylori a bien été éradiqué.

 

 

12 astuces pour prévenir l’apparition de maladies digestives

Il y a un recrudescence des maladies digestives fonctionnelles – comme le syndrome de l’intestin irritable – mais aussi organiques – comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique.

Toutes ces maladies auraient pour facteur en commun un déséquilibre du microbiote (nom scientifique donné à la flore). Or tout ce que vous avalez passe par les intestins et donc entre en contact avec vos bactéries intestinales.

Si vous mangez une orange, un bonbon, une entrecôte-frites ou un poisson vapeur-haricots verts, ils seront en partie digérés et absorbés par votre organisme et en partie transformés par les bactéries de votre flore. Par conséquent, votre flore va elle-aussi dépendre de ce que vous apportez à manger. On sait maintenant qu’il suffit de quelques jours pour qu’un aliment ingéré ait un impact positif ou négatif sur la flore et on sait également qu’on transmet une partie de la flore aux générations suivantes.

A table flore intestinale microbiote

Pour préserver votre santé et surtout celle de vos enfants, voici 12 astuces pour prendre soin de vos « bê-bêtes » :

1/ allaiter le plus longtemps possible

2/ privilégier le « fait maison » ce qui limite au maximum les additifs dont certains sont prouvés pour avoir un effet négatif sur le microbiote

3/ limiter au maximum les aliments contenant des antibiotiques et anti-bactériens qui affaiblissent le microbiote en consommant bio

4/ manger le plus varié et équilibré possible pour garantir un microbiote diversifié

5/ manger des fruits, des légumes et/ou des céréales complètes à tous les repas pour apporter des fibres à action pré-biotique (= nourriture des bactéries amies). Je vous rappelle d’ailleurs que le régime FODMAP a un impact négatif sur le long terme. Il est donc destiné uniquement à ceux qui en ont besoin et doit être suivi sur quelques semaines maximum.

6/ manger des aliments fermentés régulièrement car ils contiennent des probiotiques naturels, ex: yaourts avec ou sans lactose, choucroute, fromage, tofu…

7/ sélectionner les bonnes graisses en limitant celles qui sont cuites et hydrogénées

8/ respecter vos sensations de faim et de satiété pour limiter les prises de poids

9/ faire de l’exercice physique régulièrement

10/ pratiquer des activités relaxantes (yoga, méditation de pleine conscience…) ou changer de job si le votre est trop stressant!

11/ dormir plus

12/ limiter – avec l’accord de votre médecin – la prise de médicaments au strict nécessaire sachant qu’il y a entre 60 à 80% de prise inutile de médicament avec des effets secondaires potentiels sur le microbiote

 

 

Une surcroissance bactérienne responsable du syndrome de l’intestin irritable

Avez-vous déjà entendu parler du SIBO?

Avez-vous déjà entendu parler du SIBO?

Il s’agit du Small Intestinal Bacterial Overgrowth, c’est-à-dire d’une surcroissance bactérienne au niveau de l’intestin grêle.

Comme vous le savez sûrement déjà, notre flore intestinale (enfin – notre microbiote pour être plus exacte) est constituée de milliards de bactéries présentes essentiellement au niveau du colon. Or, dans certains cas, des personnes développeraient un surcroissance « anormale » de bactéries au niveau de l’intestin grêle qui serait responsables des symptômes digestifs divers et variés (diarrhée, constipation, ballonnements ou flatulences très importants, nausées, maux de ventre…).

Selon le Dr Pimentel, qui est le spécialiste américain du SIBO et dont j’ai eu l’occasion de suivre récemment une formation sur le sujet, pense que le SIBO serait responsable du développement du syndrome de l’intestin irritable post-infectieux (c’est à dire chez ceux qui ont développé le syndrome de l’intestin irritable après une infection bactérienne comme une gastroentérite, ou la turista).

Comment diagnostiquer un SIBO?

Le SIBO peut être mis en évidence par un test respiratoire à l’hydrogène ou au méthane en utilisant du lactulose (alors qu’on utilise du fructose, du lactose ou du sorbitol pour détecter des intolérances aux FODMAP).

Certains (ils sont malheureusement peu nombreux!) hopitaux et gastroentérologues libéraux pratiquent ces tests respiratoires.

Quels sont les traitements contre le SIBO?

Point de vue médicament, le Dr Pimentel parle essentiellement du Rifaximine qui est un antibiotique. En France, cet antibiotique est prescrit uniquement à l’hopital et pour d’autres indications comme les MICI (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin) ou l’encéphalopathie hépatique.

Lors de cette formation, d’autres voies plus naturelles ont été conseillées pour éradiquer ce SIBO, soit seules, soit en complément du traitement antibiotique au rifaximine. Ainsi, d’un point de vue nutritionnel, les docteurs intervenants conseillent de combiner un régime pauvre en FODMAP avec un régime SCD (Specific Carbohydrate Diet).

Mon opinion : 

L’alliance des régimes pauvre en FODMAP et SCD restreint de manière non négligeable l’alimentation mais cela peut représenter une solution aux personnes souffrant de SII postinfectieux chez qui l’alimentation pauvre en FODMAP n’est pas suffisamment efficace et qui ont des symptômes – notamment des gaz ou des ballonnements – très incommodants.