Pour ceux qui ont pour résolution de prendre soin de leur ventre en 2017

Voici quelques conseils pour vous aider à y parvenir.

bonne-annee

Conseil N°1 : Privilégiez une alimentation de qualité, en utilisant des aliments frais et de saison, en cuisinant au maximum maison, et, en lisant les étiquettes. En effet, parmi les additifs utilisés par l’industrie agroalimentaire, il y a ceux qui peuvent directement provoquer des symptômes, comme l’inuline ou le sorbitol qui sont riches en FODMAP, ou, les sulfites et le glutamate qui sont riches en composés chimiques. D’autres composés, comme le Polysorbate 80 et le Carboxymethylcellulose sont quant à eux prouvés pour augmenter les risques de développer des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.

Conseil N°2 : ayez une alimentation la plus équilibrée et variée possible. En tant que colopathe, vous avez certainement des intolérances alimentaires. Cependant, les études et mon expérience professionnelle montrent que les colopathes éliminent souvent trop d’aliments au risque de perdre du plaisir à manger et d’engendrer des carences alimentaires, voir une dénutrition. Un diététicien-nutritionniste peut vous aider à minimiser vos restrictions alimentaires au strict nécessaire en déterminant avec précision vos intolérances.

Conseil N°3 : Buvez de l’eau. L’eau est le composé principal de votre organisme et le meilleur détoxifiant que vous puissiez trouver. Inutile donc de perdre votre argent dans des compléments alimentaires « DETOX » !

Conseil N°4 : Respecter VOTRE faim et VOTRE satiété vous permettra de répondre aux besoins de votre corps. A l’inverse manger sans faim ou au-delà de votre satiété met en surchauffe votre appareil digestif, ce qui peut logiquement se manifester par une recrudescence de symptômes…et une prise de poids !

Conseil N°5 : faites le tri dans les médicamentsavec l’accord de votre médecin – et dans les compléments alimentaires. En effet, certains sont utiles, d’autres non. En tout cas, tous ont la possibilité d’avoir des effets secondaires –  y compris sur votre système digestif !

Conseils N°6 : Bougez. Peu importe ce que vous faites, l’essentiel est de bouger plus. Votre corps en a besoin et votre ventre aimera ça. Pour garantir que cette résolution soit durable, prenez-y du plaisir : faire de la marche, de la natation, des claquettes, du flamenco, du foot, du roller…. ou trouvez n’importe quel argument dans la journée pour bouger plus : prendre l’escalier au lieu de l’ascenseur, descendre un arrêt de bus ou métro plus tôt, aller au travail à vélo ou en trottinette, se garer un peu plus loin…

Conseil N°7 : Le stress est, pour beaucoup de colopathes, un facteur aggravant de symptômes. Il est d’ailleurs normal que notre ventre réagisse au stress. En effet, sous stress, notre corps a besoin de mobiliser toutes ses forces dans les muscles des jambes/bras et le cerveau pour combattre ou fuir (« fight or flight » en anglais) en vidant le ventre (=diarrhée/vomissement) ou en stoppant le transit et la digestion (= constipation). Trouvez des moyens pour réduire votre stress vous aidera donc à soulager votre ventre : sport, yoga, sophrologie, méditation…

Conseil N°8 : Faites preuve de compassion et d’amour envers vous-même. Un ventre inconfortable, indomptable, gonflé ou malade peut être détesté. Cependant, il fait partie de vous, alors acceptez le et parlez-lui avec amour. On dit toujours qu’une plante à qui on parle avec amour se porte mieux qu’une plante ignorée ou insultée. Je suis persuadée que c’est la même chose pour notre ventre comme pour toutes les cellules de notre corps.

BONNE ANNEE à vous toutes et à vous tous et merci de votre fidélité sur mon blog et sur ma page facebook !

Savoureusement digeste,

Julie DELORME

12 astuces pour prévenir l’apparition de maladies digestives

Il y a un recrudescence des maladies digestives fonctionnelles – comme le syndrome de l’intestin irritable – mais aussi organiques – comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique.

Toutes ces maladies auraient pour facteur en commun un déséquilibre du microbiote (nom scientifique donné à la flore). Or tout ce que vous avalez passe par les intestins et donc entre en contact avec vos bactéries intestinales.

Si vous mangez une orange, un bonbon, une entrecôte-frites ou un poisson vapeur-haricots verts, ils seront en partie digérés et absorbés par votre organisme et en partie transformés par les bactéries de votre flore. Par conséquent, votre flore va elle-aussi dépendre de ce que vous apportez à manger. On sait maintenant qu’il suffit de quelques jours pour qu’un aliment ingéré ait un impact positif ou négatif sur la flore et on sait également qu’on transmet une partie de la flore aux générations suivantes.

A table flore intestinale microbiote

Pour préserver votre santé et surtout celle de vos enfants, voici 12 astuces pour prendre soin de vos « bê-bêtes » :

1/ allaiter le plus longtemps possible

2/ privilégier le « fait maison » ce qui limite au maximum les additifs dont certains sont prouvés pour avoir un effet négatif sur le microbiote

3/ limiter au maximum les aliments contenant des antibiotiques et anti-bactériens qui affaiblissent le microbiote en consommant bio

4/ manger le plus varié et équilibré possible pour garantir un microbiote diversifié

5/ manger des fruits, des légumes et/ou des céréales complètes à tous les repas pour apporter des fibres à action pré-biotique (= nourriture des bactéries amies). Je vous rappelle d’ailleurs que le régime FODMAP a un impact négatif sur le long terme. Il est donc destiné uniquement à ceux qui en ont besoin et doit être suivi sur quelques semaines maximum.

6/ manger des aliments fermentés régulièrement car ils contiennent des probiotiques naturels, ex: yaourts avec ou sans lactose, choucroute, fromage, tofu…

7/ sélectionner les bonnes graisses en limitant celles qui sont cuites et hydrogénées

8/ respecter vos sensations de faim et de satiété pour limiter les prises de poids

9/ faire de l’exercice physique régulièrement

10/ pratiquer des activités relaxantes (yoga, méditation de pleine conscience…) ou changer de job si le votre est trop stressant!

11/ dormir plus

12/ limiter – avec l’accord de votre médecin – la prise de médicaments au strict nécessaire sachant qu’il y a entre 60 à 80% de prise inutile de médicament avec des effets secondaires potentiels sur le microbiote

 

 

Est-ce que le Pentasa est efficace sur le syndrome de l’intestin irritable à tendance diarrhéique?

Les résultats d’une étude anglaise de qualité – faite avec 136 volontaires pendant 3 mois et versus Placebo –  sur le médicament Pentasa et le Syndrome de l’intestin Irritable à tendance Diarrhéique (SII-D) ont été publiés récemment.

Ceux qui souffrent de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin connaissent certainement ce médicament. C’est un anti-inflammatoire intestinal très souvent prescrit pour traiter la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.

Cette étude se justifiait car il existe beaucoup de points en commun entre les MICI (Maladies Inflammatoires Chroniques des Intestins) et le SII. Ces 2 affections présentent un déséquilibre de la flore intestinale et des symptômes en communs (dont trés souvent la diarrhée… d’où le fait que cette étude ait porté sur le SII-D et non celui à tendance constipation).

Cependant ces 2 affections sont bien distinctes. Les MICI sont caractérisées par un état inflammatoire important (élévation notable des marqueurs de l’inflammation) alors que, dans le SII, on parle de micro-inflammations. Avoir une MICI augmente certains risquent de développer des maladies graves directes comme un cancer, ce qui n’est pas le cas pour le SII.

Enfin, ces affections peuvent être associées car il n’est pas rare qu’une personne atteinte de MICI souffre également du SII.

Bref, tout ça pour dire que, contrairement à ce qu’on aurait pu croire, le Pentasa n’a pas eu les résultats escomptés sur les symptômes de douleurs et transit des personnes souffrant du SII à tendance diarrhéique.

 

 

Médicaments ou aliments? Les pouvoirs de l’alimentation

En France, nous sommes les premiers consommateurs de médicaments au monde.

Alors que la prise de certains médicaments soit indispensable et vitale pour certains d’entre vous, nombreux d’entre eux pourraient être limités ou évités en mangeant mieux ou différemment (avec l’accord de votre médecin).

Modifier sa façon de manger demande, bien sûr, plus d’effort que de prendre une pilule avec un verre d’eau mais c’est un service que vous vous rendez ou rendriez. Comme vous le savez un médicament n’est pas anodin et peut avoir des effets secondaires  plus ou moins inconfortables ou dangereux. Rappelez-vous les scandales sur le Médiator, les Statines, le Di-antalvic, le Vioxx….!

Les pouvoirs de l’alimentation:

Hippocrate avait raison en disant « Que l’alimentation soit ta 1ère médecine! ».

En effet, bien manger ou manger différemment peut aider à  :

– Prévenir les cancers digestifs, les maladies cardiovasculaires, le diabète, les troubles du cholestérol, des triglycérides ou d’ostéoporose

– Retrouver un bien-être digestif : en diminuant les ballonnements, les excès de gaz, et en régulant les troubles du transit (diarrhée et constipation)

– Améliorer la qualité du sommeil,

– Lutter contre la fatigue,

Réguler le poids pour maigrir ou, à l’inverse, corriger des problèmes de perte de poids ou de dénutrition

L’alimentation peut-être donc être un remède naturel pour vivre en meilleure santé et en meilleur forme. A l’inverse mal manger ou supprimer plusieurs aliments ou groupe entiers d’aliments peut être dangereux pour votre santé s’ils ne sont pas substitués par des aliments nutritionnellement équivalents. Il est important également de noter qu’il est indispensable que manger reste un PLAISIR quelque soit l’alimentation ou le régime suivi !

Faites le tri !

Nous mangeons tous les jours. Ce n’est donc pas étonnant que tout le monde ait son avis sur la question. Cependant beaucoup de fausses idées reçues sont véhiculés sur internet, dans les livres ou par des personnes mal-informées et non formées. Combien de fois j’ai entendu par exemple que les féculents ou le chocolat faisaient grossir, que les yaourts à 0% faisaient maigrir, que les produits laitiers présenteraient des dangers pour la santé, que le régime sans gluten soignait tous types de maux ou maladies, qu’il faut éliminer toutes les graisses ou toutes les crudités quand on a les intestins sensibles ou qu’il est interdit de manger des oeufs quand on a du cholestérol, que faire attention à ce qu’on mange est frustant et fade…. Tout cela est faux ou non prouvé.

Dans un soucis de santé, de prévention ou d’aide à la régulation de problèmes de santé, d’amélioration de votre bien-être, ou tout simplement pour faire le tri dans les millions d’information sur l’alimentation, je vous conseille de consulter une personne qui a fait de la nutrition, son métier, comme un médecin nutritionniste ou un diététicien-nutritionniste.

 

 

Pourquoi mon ventre gonfle et comment y remédier?

Le ballonnement abdominal est un symptôme fréquent qui touche, selon une enquête SOFRES, jusqu’à 47% des adultes!

Le ballonnement est perçue de manière différente en fonction des personnes. Ainsi, il peut être défini comme une sensation d’inconfort associé ou non à une distension (gonflement) de l’abdomen et/ou des gargouillements.

ballonnements fonctionnels

Quelle est le mécanisme mis en jeu dans les ballonnements fonctionnels ou liés au syndrome de l’intestin irritable ?

Il y quatre facteurs peuvent être à l’origine de cette sensation de ballonnements :

a) une perturbation du transit des gaz dans l’intestin avec une rétention des gaz au lieu de leur expulsion (flatulences).

b) une hypersensibilité viscérale qui rend le sujet anormalement sensible aux mouvements intestinaux d’un volume normal de gaz.

c)  une production excessive de gaz dans l’intestin. En effet, certaines personnes ont une capacité de fermentation des aliments plus importantes que chez les autres.

d) un dysfonctionnement des muscles de la sangle abdominale secondaire à un réflexe viscéro-somatique anormal provoquant une contraction du diaphragme et un relâchement de la sangle abdominale au lieu du contraire (voir l’explication sur le schéma ci-dessus).

Comment y remédier?

Dans un rapport de 2009, le Professeur gastro-entérologue français, Pr Ducrotté, fait l’inventaire des thérapeutiques pour diminuer les ballonnements fonctionnels.

Voici sa conclusion:

Aucune prise en charge n’existe actuellement pour corriger un dysfonctionnement des muscles antérieurs de la sangle abdominale (d).

Cependant, 3 approches sont proposées actuellement pour lutter contre les autres raisons responsables des ballonnements :

1) une prise en charge diététique, entre-autre, avec la mise en place d’une alimentation pauvre en glucides qui fermentent (=alimentation pauvre en FODMAP) permet de réduire les ballonnements en limitant la production de gaz.

2) un traitement pharmacologique.  Certains antibiotiques, certains probiotiques à base de Lactobacilles ou de Bifidobactéries et les médicaments à base de siméthicone ont fait preuve d’une certaine efficacité.  Par ailleurs, les absorbants des gaz, essentiellement à base de charbon, ont eu jusqu’alors une efficacité médiocre dans les rares essais publiés. Les prokinétiques usuels (dompéridone, métoclopramide, érythromycine) n’ont pas été testés dans cette indication. Les antidépresseurs, notamment tricycliques, actifs à faible dose sur la sensibilité viscérale, méritent d’être testés. Dans tous les cas, il est conseillé de consulter votre médecin avant d’entreprendre un traitement médicamenteux.

3) les autres prises en charge. L’hypnose et l’activité physique peuvent apporter un bénéfice chez les malades souffrant de ballonnements fonctionnels.

 

Souffrances des colopathes

J’ai fait la connaissance de Mathieu sur le forum facebook de l’Association des Patients Souffrant du Syndrome de l’Intestin Irritable (APSSII). Il a écrit un texte magnifique très révélateur de ce que toute personne souffrant de troubles digestifs peut ressentir.

« On croit parfois que ça va mieux, car nous n’avons pas eu de crise pendant quelques temps…On essaye d’avoir une alimentation saine, on essaye de bouger, on essaye de vivre…

Puis d’un seul coup d’un seul plus rien…Les crises arrivent, on est bloqué, replié sur nous-mêmes et on se gave de médicaments, on hésite entre un aliment insipide et un autre (riz or not to riz), on n’a plus le goût de manger alors on se dit que peut être les plantes feront du bien, on se dit que plein de choses feraient du bien, mais non. Il y a la crise dehors, la crise en Europe, la crise dans nos rues, la crise dans nos ventres, mais le pire c’est la crise dans nos têtes. Assis sur nos trônes de roi, nous contemplons la porte des toilettes, à tel point que l’on connait chaque aspérité de celle-ci, les livres de chevets sont devenus des notices, et les tongs pour les vacances des boites de cachet. Quant à nos rêves d’avenir, ils ne sont qu’un projet sur une heure ou deux, jusqu’à ce que la prochaine crise nous ramène à la vérité et nous dise qu’en réalité, en plus de la prison de notre corps, il existe la prison de notre psychisme, qui commence à peser. Donc on se replie sur sois même, on s’isole et on espère que ça va passer…Puis si ça se calme, on vit -un peu- du moins on essaye mais tout en attendant la prochaine crise que l’on sait imminente. On ne sait pas où on va, on ne sait pas comment, la seule chose qu’on sait ce ne sont que les endroits que nous fréquenterons. Mon meilleur ennemi est devenu mon meilleur ami, il est rond et s’appelle toilette.

Nous nous relevons tous après ces crises, avant ou après, cependant nous anticipons, mais pas pour notre futur : pour maitriser notre présent…

Ma drogue à moi, elle a plein de noms légaux mais elle ne fait aucun effet, je suis – nous sommes – les dealeurs du légal qui ne servent à rien. Nous ne gagnons pas d’argent dessus nous en perdons, nous ne sommes pas heureux avec nos drogues et nous les « payons ». Nous essayons même des choses qui ne sont dans aucun protocole histoire « de », en vain…


En fin de compte, nous vivons une maladie dont on n’est pas sûr qu’elle existe, mais nous sommes plus vigilants que des gens ayant des maladies incurables.
Combien de temps l’esprit peut endurer le poids de la souffrance lorsque la souffrance est devenue une habitude ?

A cette question deux citations me viennent en tête tirées du film FIGHT CLUB : 
« C’est seulement quand on a tout perdu qu’on est libre de faire tout ce qu’on veut. »
« Les choses (maladie) qu’on possède finissent par nous posséder. » Cette dernière est révélatrice, changez le mot chose par maladie, et on a l’explication de toute l’ampleur de notre maladie.
Je ne sais pas où nous allons, mais en tout cas, nous sommes nombreux à nous y rendre… »

Merci Mathieu