Explosion de la prescription du régime FODMAPs par les médecins

Il y a 9 ans, lorsque j’ai découvert les études cliniques de l’équipe australienne ayant mis en place le régime FODMAPs, aucun médecin en France le connaissait. Après avoir confirmé l’efficacité presque miraculeuse de ce régime sur moi, j’ai entrepris de me reconvertir en diététicienne-nutritionniste et de me spécialiser directement en Australie au régime FODMAPs. A mon retour, j’ai été la première française à le conseiller et j’ai constaté cette même efficacité sur mes patients. A l’époque, quand j’en parlais aux médecins, la grande majorité me rétorquaient que c’était une nouvelle mode de régime SANS qui allait vite passer aux oubliettes.

Aujourd’hui, le résultat du sondage lancé sur ma page facebook (un grand merci à celles et ceux qui ont répondu)  montre que 38% des colopathes ont entendu parler du régime FODMAPs par leurs médecins généralistes et gastro-entérologues.

Nous sommes encore à la traîne derrière les pays anglo-saxons et nous avons encore du chemin à parcourir mais quel progrès!

Découvrez, dans cet article pourquoi cet engouement sur le régime FODMAPs par les médecins et quels sont les points essentiels à savoir pour maximiser les chances de réduction de vos symptômes tout en limitant les risques pour votre santé.

Pourquoi les médecins prescrivent de plus en plus le régime FODMAPs ?

prescription régime fodmap

Le syndrome de l’intestin irritable ou colopathie fonctionnelle touche 5 à 15% de la population, ce qui représente l’objet de 10% des consultations des médecins généralistes et 1 consultation sur 2 chez les gastro-entérologues.

A l’heure actuelle, il n’existe aucun médicament pour en guérir. L’objectif des médecins est donc de poser le diagnostic et de proposer les solutions à leurs patients pour réduire leurs symptômes.

Si les médecins conseillent de plus en plus le régime FODMAPs, c’est tout simplement parce que c’est la méthode la plus efficace existant à l’heure actuelle pour réduire les ballonnements, douleurs abdominales, excès de flatulences, et dérèglements du transit (diarrhée et/ou constipation) liés au syndrome de l’intestin irritable. Ainsi, plus d’une dizaine d’études cliniques internationales randomisées prouve son efficacité chez 50 à  80% des colopathes.

Mais, soyons clairs, suivre le régime FODMAPs est bien plus complexe que de prendre une gélule à chaque repas. Or votre médecin n’a pas la formation, ni le temps pour tout vous expliquer.

Pour que le régime FODMAPs fonctionne sur vous sans engendrer de risques pour votre santé, il est indispensable :

  • D’avoir les listes d’aliments fiables :

Une multitude de sites internet et de livres proposent les listes d’aliments autorisés et problématiques, mais celles-ci sont souvent obsolètes et contradictoires. Pour savoir pourquoi, je vous invite à lire l’article suivant.

Or, il est évident, que si vous continuez à manger des aliments riches en FODMAP dans votre alimentation, vous ne pourrez pas espérer réduire vos symptômes.

  • De suivre ce régime suffisamment de temps :

Ce régime pouvant paraître compliqué à mettre en place au quotidien, certaines personnes vont vite baisser les baisser les bras et n’auront pas le temps de voir les effets.

La réduction des FODMAPs dans l’alimentation permet de diminuer la fermentation bactérienne, réguler les mouvements d’eau dans les intestins, de réduire les marqueurs d’inflammation impliqués dans la douleur et de modifier le microbiote (ou la flore intestinale). De ce fait, certaines personnes vont ressentir des effets rapidement, au bout de quelques jours mais d’autres devront attendre plusieurs semaines. Les études cliniques et mon expérience montrent qu’une durée de 4 semaines est idéale pour vérifier son efficacité chez chacun.

Demandez conseils à un diététicien-nutritionniste spécialisé permet d’adapter ce régime à vos habitudes et goûts alimentaires et donc de faciliter son application en vous donnant toutes les astuces pour faire vos courses, cuisiner ou sortir.

  • De varier et équilibrer vos repas :

Mal suivi, ce régime peut engendrer des carences en nutriments. C’est souvent le cas, si les personnes sont trop restrictives et qu’elles éliminent trop d’aliments.

Or, même dans la phase la plus stricte de ce régime aucun groupe entier d’aliments n’est éliminé. Vous pouvez continuer à manger des fruits et légumes, des féculents, des produits laitiers, des matières grasses et des produits protéinés animaux ou végétaux. La seule condition sera de sélectionner et privilégier les aliments sont pauvres en FODMAPs au sein de chaque catégorie.

Si vous ne savez pas quoi manger, comment cuisiner, que votre alimentation vous semble trop monotone, un diététicien-nutritionniste peut vous conseiller pour suivre un régime FODMAPs varié et équilibré.

  • De réélargir votre alimentation rapidement :

Trop longtemps suivi, ce régime a des répercussions sur le microbiote en diminuant notamment certains groupes de bactéries bénéfiques pour la santé, les bifidobactéries.

Or le régime FODMAPs n’est qu’en fait, la première phase d’une méthode progressive d’identification des aliments aggravants de symptômes de chaque personne.

Après 4 à 8 semaines, il est donc indispensables de procéder à des tests alimentaires afin d’identifier les aliments vraiment problématiques puis de réélargir l’alimentation en réintroduisant tous les aliments tolérés pour l’équilibre du microbiote et le plaisir des papilles. Ces phases de tests et d’élargissement peuvent se faire seul(e) ou accompagné(e) par un diététicien-nutritionniste spécialisé.

  • D’éviter de cumuler les évictions et de conserver (ou retrouver) une relation de plaisir avec l’alimentation :

Dans cette mode des régimes « sans » et dans la recherche – parfois longue – d’un bien être digestif, certaines personnes vont cumuler les évictions au fur et à mesure du temps, perdre du plaisir à manger et développer une relation calculée et raisonnée face à l’alimentation voire dans certains cas vont développer une véritable phobie alimentaire.

Un diététicien-nutritionniste – couplé si nécessaire à un psychologue – peut aider les personnes cumulant les évictions et ayant développé des craintes ou phobies alimentaires, à identifier les aliments aggravants tout en réintroduisant les aliments tolérés et  à retrouver du plaisir de manger.

Si vous ne trouvez pas de diététicien-nutritionniste formé au régime FODMAPs près de chez vous, je propose des consultations par téléphone ou skype. Vous trouverez plus d’informations en cliquant sur le lien suivant  ICI.

 

Microbiote : ce que notre cerveau a dans le ventre

Voici une émission très intéressante sur le microbiote – enregistrée par France culture lors d’une table ronde entre plusieurs chercheurs.

Microbiote et découvertes

Les 8 points à retenir:

  1. Le microbiote (ou flore intestinale) est un véritable organe : on en a besoin pour vivre et il faut en prendre soin
  2. Les rôles du microbiote sont multiples : Il est une usine fabricant de nombreuses substances, il est en lien direct avec notre immunité, il influence notre façon de manger et il se pourrait même qu’il pilote certains traits de notre personnalité. J’ai trouvé ça très amusant l’exemple donné sur des souris agressives qui deviennent « gentilles » et vice-versa suite à l’échange de leur microbiote. C’est dingue, non ? Vous allez dire que je m’emporte mais vous imaginez que, finalement, les violences de ce monde pourraient en fait se résoudre en refilant des gélules d’excréments des êtres humains gentils et bienveillants aux agresseurs au lieu de les mettre en prison! ça laisse réfléchir.
  3. Nous avons chacun un microbiote unique mais ceux qui vivent sous le même toit ont des microbiotes présentant des similitudes certainement dues à l’alimentation
  4. Le microbiote des enfants nés par voie naturelle correspond au microbiote vaginal de la maman. De quoi rassurer les mamans frustrées à qui on dit que leur bébé ne leur ressemble pas 😉
  5. Les antibiotiques, une alimentation peu variée et la vieillesse sont les principaux coupables de son appauvrissement
  6. Un appauvrissement du microbiote augmentent le risque de certaines maladies et/ou les entretiens (diabète, obésité, cancer, parkison) via une inflammation de bas grade chronique
  7. Pour avoir un microbiote en bonne santé : mangeons plus de fruits, de légumes, de céréales complètes et de prébiotiques. Or les FODMAP sont des prébiotiques, d’où l’importance de réélargir votre alimentation.
  8. Deux belles perspectives de recherches pour l’avenir sont évoquées pour rééquilibrer le microbiote :
  • le séquençage du microbiote qui aidera à personnaliser les conseils nutritionnels. En une analyse de vos bêbêtes intestinales, on saura avec précision ce que vous devez manger pour être en meilleure santé. C’est génial, non?
  • le perfectionnement de la transplantation fécale et de l’auto-transplantation fécale. Je crois beaucoup en l’hypothèse émise par ces scientifiques qui consisterait à congeler son propre « caca » tant que nous sommes jeunes, beaux et en bonne santé dans le but de nous le réinjecter pour récupérer plus rapidement en cas de traitement antibiotique, chimiothérapeutique voire même pour nous guérir en cas de maladies. Époustouflant!

Vive l’alimentation microbiotique 😉

Résolution 2018 : prendre soin de votre microbiote pour votre santé

Vous qui souffrez de votre ventre et qui faites des recherches, vous avez forcément déjà entendu du microbiote (appelé aussi flore intestinale).

Propre à chaque individu, composé de plus de 100 000 milliards de micro-organismes et pesant environ 2kg, les scientifiques le considèrent maintenant comme un organe à part entière. Il est d’ailleurs aussi important que notre cœur ou notre cerveau (et certains scientifiques se demandent si ce n’est pas lui qui nous dirige… mais c’est un autre débat).

Son rôle est multiple – avec pas moins de 19 000 fonctions – et est de mieux en mieux connu par les scientifiques. Il intervient notamment dans notre digestion et notre immunité.

Son déséquilibre, appelé dysbiose, est impliqué dans de nombreuses pathologies : les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (maladie de Crohn et rectocolite hémorragique), le syndrome de l’intestin irritable, les cancers digestifs et même extra-digestifs, l’obésité, le diabète, la fibromyalgie, le syndrome de fatigue chronique, l’autisme, la schizophrénie, l’anxiété, la dépression, la maladie de Parkinson ou les troubles bipolaires…

Il est donc primordial d’en prendre soin en lui donnant de bonnes choses à manger.

Le microbiote raffole des aliments prébiotiques, par exemples : les pommes, le seigle, l’oignon, l’artichaut, les petits pois, les lentilles, les pois chiche, la betterave, la pastèque, et les noix de cajou. Or, ces aliments sont riches en FODMAP ce qui a de grande chance de vous déclencher des symptômes si vous êtes colopathe.

Donc voici 7 conseils hygiéno-diététique pour prendre soin de vos « bêbêtes » intestinales sans symptômes :

  1. Consommez des fruits et des légumes pauvres en FODMAP à chaque repas si possible avec la peau, des pommes de terre et du riz « réchauffés » (afin de les enrichir en amidons résistants), et, des noix, des amandes, des graines de lin/tournesol/chia/pavot tous les jours
  2. Réintroduisez les aliments contenant les FODMAP tolérés. En effet, la très grande majorité des colopathes tolérent une ou plusieurs catégories de FODMAP. Faire des tests de réintroduction – seul ou accompagné par un diététicien-nutritionniste – vous permettra de savoir quels aliments prébiotiques vous pourrez réintroduire dans votre alimentation sans augmenter vos symptômes.
  3. Privilégiez les huiles végétales riches en oméga 3 type huile de colza et huile de noix
  4. Limitez l’alcool
  5. Évitez le tabac
  6. Limitez le stress en pratiquant régulièrement un sport, le yoga, ou la méditation…. ou en changeant de travail, de mari ou de femme si l’un d’entre eux est une source « anormale » de stress !
  7. Limitez au maximum – en accord avec votre médecin – la prise de médicaments (notamment les antibiotiques et IPP)

 

 

Régime FODMAP : Comment équilibrer vos repas?

Pour optimiser votre santé globale dont celle de votre microbiote (= flore), il est conseillé d’équilibrer votre alimentation.

Malgré que le régime pauvre en FODMAP peut paraître compliqué à mettre en place, il permet de manger de tout. Quand on suit un régime pauvre en FODMAP, il est donc tout à fait possible d’équilibrer ses repas. La preuve en image ci-dessous.

 

Attention : Si vous avez supprimé d’autres aliments (végétarien, vegan, régime sans gluten et sans produits laitiers, régime pauvre en fibres…), si vous avez perdu du poids, si vous avez d’autres problèmes de santé ou pour les populations fragiles (femmes enceintes, enfants, personnes âgées), il est vivement recommandé de demander conseils à un diététicien-nutritionniste.

3 livres « digestes » à lire pendant les vacances

Voici ma sélection de 3 livres pour profiter des vacances pour lire et vous informer :

1. Le best seller, Le charme discret de l’intestin de Giulia Enders qui a l’avantage de parler des intestins – et de leurs problématiques – avec simplicité et beaucoup d’humour

Le charme discret de l'intestin Giulia Enders

2. Intestin irritable, les raisons de la colère du Professeur Jean Marc Sabaté, un livre plus ciblé sur le syndrome de l’intestin irritable avec les causes, les conséquences et les traitements existants de cette pathologie

Intestin irritable, les raisons de la colère Pr Jean Marc Sabaté

3. L’intestin notre deuxième cerveau du Professeur Francisca Joly-Gomez

L'intestin notre deuxième cerveau Pr Francisca Joly Gomez'

Bonne lecture…

12 astuces pour prévenir l’apparition de maladies digestives

Il y a un recrudescence des maladies digestives fonctionnelles – comme le syndrome de l’intestin irritable – mais aussi organiques – comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique.

Toutes ces maladies auraient pour facteur en commun un déséquilibre du microbiote (nom scientifique donné à la flore). Or tout ce que vous avalez passe par les intestins et donc entre en contact avec vos bactéries intestinales.

Si vous mangez une orange, un bonbon, une entrecôte-frites ou un poisson vapeur-haricots verts, ils seront en partie digérés et absorbés par votre organisme et en partie transformés par les bactéries de votre flore. Par conséquent, votre flore va elle-aussi dépendre de ce que vous apportez à manger. On sait maintenant qu’il suffit de quelques jours pour qu’un aliment ingéré ait un impact positif ou négatif sur la flore et on sait également qu’on transmet une partie de la flore aux générations suivantes.

A table flore intestinale microbiote

Pour préserver votre santé et surtout celle de vos enfants, voici 12 astuces pour prendre soin de vos « bê-bêtes » :

1/ allaiter le plus longtemps possible

2/ privilégier le « fait maison » ce qui limite au maximum les additifs dont certains sont prouvés pour avoir un effet négatif sur le microbiote

3/ limiter au maximum les aliments contenant des antibiotiques et anti-bactériens qui affaiblissent le microbiote en consommant bio

4/ manger le plus varié et équilibré possible pour garantir un microbiote diversifié

5/ manger des fruits, des légumes et/ou des céréales complètes à tous les repas pour apporter des fibres à action pré-biotique (= nourriture des bactéries amies). Je vous rappelle d’ailleurs que le régime FODMAP a un impact négatif sur le long terme. Il est donc destiné uniquement à ceux qui en ont besoin et doit être suivi sur quelques semaines maximum.

6/ manger des aliments fermentés régulièrement car ils contiennent des probiotiques naturels, ex: yaourts avec ou sans lactose, choucroute, fromage, tofu…

7/ sélectionner les bonnes graisses en limitant celles qui sont cuites et hydrogénées

8/ respecter vos sensations de faim et de satiété pour limiter les prises de poids

9/ faire de l’exercice physique régulièrement

10/ pratiquer des activités relaxantes (yoga, méditation de pleine conscience…) ou changer de job si le votre est trop stressant!

11/ dormir plus

12/ limiter – avec l’accord de votre médecin – la prise de médicaments au strict nécessaire sachant qu’il y a entre 60 à 80% de prise inutile de médicament avec des effets secondaires potentiels sur le microbiote

 

 

Dernières news sur les mécanismes d’action du régime pauvre en FODMAP

Une toute nouvelle étude vient de sortir sur les FODMAP dans la revue scientifique Gut (« Gut » signifie « intestins ») au sujet des mécanismes d’action du régime pauvre en FODMAP.

En effet, il est déjà bien établi au niveau scientifique que le régime pauvre en FODMAP agisse sur :

  • la fermentation des bactéries du microbiote et donc sur la production de gaz et d’acides gras à chaines courtes ce qui agit sur le ballonnements, les gaz et les inconforts
  • la sécrétion et réabsorption d’eau dans le colon ce qui agit sur le transit
  • la composition de la flore : on savait que ce régime diminue le nombre de bifidobactéries – qui contribue à l’équilibre de la flore – d’où je vous rappelle la grande importance de réélargir ce régime assez rapidement en fonction de vos tolérances

Cette étude apporte 2 compléments d’informations. Le régime pauvre en FODMAP:

  1. diminue la production d’histamine, une molécule sécrétée par les cellules immunitaires – ce qui pourrait expliquer que ce régime puisse avoir des effets sur les micro-inflammations typiques de ceux qui souffrent du syndrome de l’intestin irritable et sur des symptômes autres que digestifs comme la fatigue chronique (pour rappel 2/3 des personnes ayant suivi ce régime remarque une réduction de la fatigue)
  2. augmente la richesse et variété de certaines actinobactéries – ce qui confirmerait l’amélioration grandissante des symptômes au cours des 4 semaines recommandées

…mais bien sûr, tout cela reste à creuser !

Restez connecté(e) sur le blog www.antimauxdeventre.com car dans les jours qui viennent des surprises pauvres en FODMAP vous attendent!!!