Maladie coeliaque ou syndrome de l’intestin irritable?

Comme nous l’avons vu dans l’article précédent des symptômes semblables peuvent avoir des causes différentes. C’est le cas pour l’endométriose mais aussi la maladie coeliaque qui peuvent se manifester par des ballonnements, douleurs abdominales, diarrhée et/ou constipation tout comme le syndrome de l’intestin irritable. Or les conséquences de ces maladies et leurs traitements sont différents.

afdiag syndrome de l'intestin irritable maladie coeliaque

La maladie coeliaque, une maladie sous diagnostiquée

1% des personnes auraient la maladie coeliaque mais seulement 20 à 30% des cas sont diagnostiqués. Les raisons principales sont une méconnaissance des symptômes et de l’âge d’apparition de cette maladie. Avant on pensait que la maladie coeliaque se manifestait dès l’enfance par de fortes diarrhées et un retard de croissance. Maintenant, il est établi scientifiquement que la maladie coeliaque peut se manifester par d’autres symptômes dont la constipation, l’ostéoporose, des problèmes d’infertilité, des migraines, de l’anémie. Elle peut aussi être asymptomatique, c’est à dire sans symptômes. Et elle peut se déclencher à tout âge.

Le diagnostic de la maladie coeliaque repose sur une analyse de sang et, si elle s’avère positive, une biopsie lors d’une gastroscopie. Mais ces tests dépendent de la consommation de gluten par la personne. Si la personne suit un régime sans gluten, les résultats peuvent être faussés et on passe donc à côté du diagnostic.

Des erreurs trop fréquemment commises

Il est fréquent que des personnes coeliaques ayant des symptômes intestinaux chroniques pensent à tort avoir le syndrome de l’intestin irritable. Ces erreurs sont aussi parfois commises par des professionnels ayant négligé de faire faire le dépistage de la maladie coeliaque.

Il est également fréquent que des personnes entreprennent de leur propre chef ou sur les conseils d’un professionnel un régime sans gluten « approximatif » sans avoir été dépisté pour la maladie coeliaque. Or, si une personne est soulagée, il sera difficile par la suite de lui faire réintroduire des doses suffisantes de gluten quotidiennes pour faire le dépistage correctement.

Résultat : si un malade coeliaque ne suit pas un régime sans gluten strict (c’est à dire sans traces de gluten à vie), il risque d’avoir de graves de problèmes de santé dont  par exemple l’ostéoporose ou certains cancers.

Il est donc impératif que toute personne ayant des symptômes intestinaux chroniques se fasse dépister pour la maladie coeliaque avant d’entreprendre toute éviction alimentaire.

Le témoignage de Marie 

« J’ai 38 ans. Je vis en couple et j’ai une petite fille.

J’ai commencé à souffrir de ballonnements et alternance constipation-diarrhée depuis l’adolescence. Au fur et à mesure du temps ces symptômes sont devenus presque quotidien et m’ont gâché la vie. On me disait que tout venait de la tête.

Puis, il y a 8 ans je suis allée consulter un professionnel. Il m’a préconisé de suivre le régime sans gluten.

Pendant toutes ces années personne ne m’avait demandé de vérifier si j’avais ou non la maladie coeliaque.

J’ai suivi le régime sans gluten. Je me suis sentie beaucoup mieux. Au bout d’un mois, j’avais retrouvé un ventre plat et un transit presque régulier.

C’était un vrai soulagement mais le régime sans gluten est assez contraignant et les tentations de produits à base de blé sont grandes. Je craquais donc régulièrement sur un vrai croissant le dimanche, une moitié de pizza en sortie, une petite tranche de pain pour manger le fromage ou un biscuit que je piquais à ma fille au goûter.

A la maison, mon mari et ma fille n’ont pas de problèmes intestinaux. Ils mangent donc du pain, des gâteaux ou des pâtes de blé. Par conséquent, j’ingurgitais du gluten caché tous les matins – sans le savoir – en utilisant le même beurre, la même confiture et le même grille-pain que les membres de ma famille et qui étaient donc contaminés de gluten.

Il y a un an, je suis tombée sur le trottoir en faisant les boutiques. Alors que ma chute était banale, je me suis cassée le bras. Les analyses ont montré que mes os étaient fragilisés par une ostéoporose précoce et en creusant les médecins se sont rendus compte que je souffrais – en fait – de la maladie coeliaque.

Depuis je suis un régime sans gluten strict mais si on m’avait diagnostiquée avant je n’aurais pas fait d’écart et mes os auraient été plus solides »

Avec l’état actuel des connaissances, les cas comme Marie ne devraient pas exister.

En bref:

Si vous souffrez de symptômes intestinaux et/ou si vous souhaitez entreprendre un régime sans gluten, faites vous donc dépister pour la maladie coeliaque.

Pour cela vous pouvez dans un premier temps, soit vous faire faire prescrire par votre médecin un dosage sanguin en anti-corps anti-transglutaminase IgA et total IgA (c’est remboursé par la sécurité sociale), soit faire un auto-diagnostic vendu en pharmacie (c’est non remboursé mais cela ne coûte qu’une vingtaine d’euros environ). Et si ce test s’avère positif, il sera nécessaire de consulter votre médecin pour qu’il approfondisse les examens et confirme le diagnostic. En cas de maladie coeliaque, une consultation chez un diététicien-nutritionniste spécialisé vous aiguillera pour mener à bien le régime sans gluten strict pour le reste de votre vie et éviter les erreurs fréquemment commises.

 

Régime FODMAP : Comment équilibrer vos repas?

Pour optimiser votre santé globale dont celle de votre microbiote (= flore), il est conseillé d’équilibrer votre alimentation.

Malgré que le régime pauvre en FODMAP peut paraître compliqué à mettre en place, il permet de manger de tout. Quand on suit un régime pauvre en FODMAP, il est donc tout à fait possible d’équilibrer ses repas. La preuve en image ci-dessous.

 

Attention : Si vous avez supprimé d’autres aliments (végétarien, vegan, régime sans gluten et sans produits laitiers, régime pauvre en fibres…), si vous avez perdu du poids, si vous avez d’autres problèmes de santé ou pour les populations fragiles (femmes enceintes, enfants, personnes âgées), il est vivement recommandé de demander conseils à un diététicien-nutritionniste.

Régime pauvre en FODMAP : oui mais, avec ou sans gluten ?

Le régime pauvre en FODMAP et le régime sans gluten ont des points communs et présentent des différences.

Certains colopathes suivent à la fois un régime pauvre en FODMAP et un régime sans gluten. Les raisons principales sont soit une confusion entre ce que sont les FODMAP et le gluten, soit l’application d’un régime sans gluten préalable au régime pauvre en FODMAP et la peur d’aggraver ses symptômes en réintroduisant le gluten, soit l’espoir que le cumul des deux régimes soit plus efficace.

Mais est-ce que ça vaut le coup de restreindre autant son alimentation ?

Une étude italienne a comparé les effets d’un régime pauvre en FODMAP avec gluten versus un régime pauvre en FODMAP sans gluten.

Les conclusions de cette étude sont que le régime pauvre en FODMAP avec consommation de gluten est finalement tout aussi efficace à moyen et court terme par rapport au suivi d’un régime pauvre en FODMAP sans gluten. De plus, comme il est moins restrictif de faire attention uniquement aux FODMAP, il est mieux suivi.

Dépistage de l’intolérance au gluten à faire à la maison

Si vous vous posez la question de savoir si vous êtes intolérant(e) au gluten, il est fortement conseillé d’aller consulter votre médecin afin qu’il vous prescrive un dosage sanguin en anti-corps antitransglutaminase IgA et total IgA puis si nécessaire un fibroscopie avec biopsie.

Malheureusement, dans certains cas, les médecins refusent de faire faire le dépistage sanguin de la maladie coeliaque  (Ce qui est bien dommage puisque seulement 20 à 30% des cas sont diagnostiqués!). Dans ce cas, soit vous pouvez changer de médecin, soit vous pouvez faire une sorte de pré-dépistage à l’intolérance au gluten à la maison.

Les avantages : c’est rapide, très pratique. ça ressemble à un test de grossesse à faire avec une goutte de sang et non d’urine!

Les inconvénients :

  • ce n’est pas fiable à 100% mais vous pouvez vous fiez à 98% à un résultat négatif et à 60% à un résultat positif. Cela signifie notamment que si le test est positif, il est fortement conseillé d’aller faire vérifier le diagnostic par un médecin d’où mon terme de « pré-dépistage ». (cf Etude des tests de dépistage intolérance au gluten maison)
  • ce n’est pas remboursé par la sécurité sociale, cependant le prix reste correct en coûtant environ 20€.

Exemple de marques : glutentest et Biocard

Résultat test Gluten check

Résultat test Gluten check

 

ATTENTION : dans tous les cas, ne commencez jamais un régime sans gluten sans avoir été dépisté pour la maladie coeliaque. Suivre une alimentation sans gluten fausse les résultats des examens de dépistage de l’intolérance au gluten.

Votre régime sera très différent si vous devez juste limiter le blé pour améliorer votre confort digestif ou si vous devez suivre un régime strict sans gluten à vie pour votre santé !

Cake jambon, tomates séchées et pignons de pin

Voici la recette d’un autre cake pauvre en FODMAP et sans gluten. Toujours aussi délicieux et facile à faire que le précédent, il est cette fois-ci au jambon, aux tomates séchées, aux pignons de pin et parmesan.

Je me suis basée sur une des recettes du blog Sunny Délices.

cake pauvre en FODMAP et sans gluten jambon, tomates séchées et pignons de pin

cake pauvre en FODMAP et sans gluten jambon, tomates séchées et pignons de pin

Ingrédients :

  • 3 oeufs
  • 150g de farine de riz complet
  • 1/2 sachet de levure chimique (sans gluten si nécessaire)
  • 10cl d’huile d’olive
  • 10cl de lait
  • 50g de gruyère rapé
  • 1 courgette
  • 50g de tomates séchées
  • 50g de pignons de pins
  • 50g de parmesan
  • 150g de jambon cuit coupé en dès
  • quelques feuilles de basilic

Préchauffer le four à 180°C.

Râper la courgette. L’essorer dans du papier absorbant. Émincer les tomates séchées.

Couper la fêta en dés.

Mélanger l’huile, le lait et les œufs. Ajouter la farine, la levure et le fromage râpé, puis la courgette râpée, le parmesan,  les dés de jambon, les morceaux de tomates séchées, les pignons de pin et le basilic ciselé.

Mélanger le tout et verser la préparation dans un moule à cake.

Enfourner et faire cuire pendant 45min.

Cake courgette, fêta et olives vertes

Voici la recette d’un cake courgette, fêta et olives vertes, pauvre en FODMAP et sans gluten délicieux et facile à faire.

Je me suis basée sur une des recettes du blog Sunny Délices.

 

cakes salés pauvre en FODMAP et sans gluten

cakes salés pauvre en FODMAP et sans gluten

Ingrédients :

  • 3 oeufs
  • 150g de farine de riz complet
  • 1/2 sachet de levure chimique (sans gluten si nécessaire)
  • 10cl d’huile d’olive
  • 10cl de lait
  • 50g de gruyère rapé
  • 1 courgette
  • 150g feta
  • 100g d’olives vertes dénoyautées
  • quelques feuilles de menthe

Préchauffer le four à 180°C.

Râper la courgette. L’essorer dans du papier absorbant.

Couper la fêta en dés.

Mélanger l’huile, le lait et les œufs. Ajouter la farine, la levure et le fromage râpé, puis la courgette râpée, les olives, les dés de fêta et la menthe ciselée.

Mélanger le tout et verser la préparation dans un moule à cake.

Enfourner et faire cuire pendant 45min.

Intolérance non-coeliaque et non-allergique au gluten. Où en est on?

Depuis les années 1980, le régime sans gluten prend de plus en plus d’ampleur. Une multitudes de blogs ou de livres sur le sujet voient le jour sur Internet et dans les librairies. De plus en plus de rayons aux supermarchés sont consacrés au sans-gluten. Les restaurants spécialisés ou proposant des menus sans gluten sont de plus en plus nombreux.

Moi, je dis tant mieux pour les personnes qui ont la maladie cœliaque, tant mieux pour celles qui sont allergiques aux protéines de blé et pour celles qui sont intolérantes aux FODMAP du blé. Cette mode du sans-gluten permet que le grand public et les professionnels de santé ou de la restauration soient plus informés et sensibilisés. De plus, l’offre du sans gluten s’élargit de jour en jour.

En revanche, attention à la banalisation de cet effet de mode : on vend le sans gluten pour tout …. et (parfois) n’importe quoi : pour perdre du poids, pour augmenter les performances sportives, contre les troubles neuropsychiatrique (schizophrénie et autisme), contre le syndrome de l’intestin irritable (ou colopathie fonctionnelle)….

Faisons le point sur ce qu’en dit la science:

Pour cela, je me baserai sur un article scientifique franco-germano-italo-ibérico-hollando-américain (il y avait du monde dans cette étude!) paru il y a quelques jours et qui fait l’état des lieux de la recherche sur l’intolérance non cœliaque et non allergique au gluten.

L’intolérance non cœliaque et non allergique au gluten ou hypersensibilité au gluten est définie comme un état dans lequel des symptômes sont aggravés suite à l’ingestion de gluten, en l’absence de marqueurs de la maladie cœliaque ou de l’allergie au gluten.

La prévalence de cette hypersensiblité est toujours floue. Elle concernerait tout de même plus les femmes et les adultes jeunes.

Les symptômes de cette intolérance généralement répertoriés sont des manifestations typiques du syndrome de l’intestin irritable ou colopathie fonctionnelle (dérèglement du transit, ballonnements, douleurs abdominales, flatulences), des manifestations extra-digestives : migraine, douleurs musculo-articulaires, fatigue chronique, problèmes cutanés (eczèma, plaque rouge), dépression, anémie.

Les causes?

A ce jour, il n’y a toujours pas de marqueur biologique prouvant qu’une intolérance non-coeliaque et non-allergique au gluten existe.

Le blé est la céréale à gluten la plus consommée dans nos pays industrialisés. On le retrouve dans le pain, les pâtes, les biscuits, les gâteaux, les tartes, les pizzas, les hamburgers…

Or, le blé et ses dérivés contiennent une multitude de composants. Les experts se demandent donc si c’est vraiment le gluten qui est en cause ou si c’est autre chose comme les inhibiteurs de l’alpha-amylase ou trypsine du blé, ou, les fructanes (= une sorte deFODMAP) du blé.

En ce qui concerne le Syndrome de l’intestin irritable (ou colopathie fonctionnelle) :

La dernière étude de l’équipe australienne chez qui j’ai été formée montrent que les FODMAPs ne sont pas l’unique facteur aggravant de symptômes digestifs chez ceux souffrant du syndrome de l’intestin irritable (ou colopathie fonctionnelle). Dans certains cas, il peut également y avoir une hypersensibilité aux protéines de blé (gluten et autres protéines).

Une autre étude montre que l’ingestion d’aliments contenant du gluten augmente la perméabilité intestinale chez les SII à tendance diarrhéique ayant un profil génétique HLA DQ2 et/ou DQ8.

En bref… des études complémentaires sont nécessaires pour préciser la prévalence, le mécanisme et les manifestations de l’intolérance non coeliaque et non allergique au gluten et pour trouver des marqueurs spécifiques de ce type d’intolérance. 

 

 

Manger différemment mais pas au prix de ma santé

Comme l’illustre bien le MyPlate® mis en place par le gouvernement américain, un repas équilibré est normalement composé de :

  • Mon assiette équilibrée1 portion de légumes (cuits/crus)
  • des féculents, pains et équivalents suivant l’appétit
  • 1 portion de viandes, poissons, oeufs
  • 1 produit laitier
  • 1 portion de fruits

+ eau

 

Beaucoup de personnes souffrant de troubles digestifs éliminent les légumes et les fruits (surtout crus), les produits laitiers et/ou le gluten de leur alimentation dans le but de contrôler leurs symptômes digestifs.

Or l’éviction d’un ou plusieurs groupes entiers d’aliments peut déséquilibrer l’alimentation et avoir des conséquences plus ou moins graves sur la santé ou la silhouette avec :

  • Une perte de poids pour certains
  • Une prise de poids pour d’autres
  • Des carences en nutriments et micronutriments sur le long terme

L’alimentation pauvre en FODMAPs est, quant à elle, équilibrée. N’éliminant aucun groupe entier d’aliments, elle garantit l’apport de tous les nutriments essentiels à la santé.