Ventre qui gargouille : pourquoi et comment y remédier?

Je suis heureuse de vous retrouver après cette pause nécessaire que j’ai prise pour accompagner mon père dans ses derniers moments de vie.

Sans transition, aujourd’hui j’aborde les gargouillis, appelés aussi borborygmes. Ils peuvent générer une gêne surtout s’ils sont bruyants et récurrents.

Stop aux gargouillis

Je me souviens que ces gargouillis me mettaient mal à l’aise à l’école quand j’étais adolescente.  Je pensais que c’était parce que mon estomac avait faim (d’ailleurs, on dit souvent que le ventre gargouille par faim) alors je faisais des collations régulièrement pour les éviter ou les stopper = grossière erreur. Je vous explique pourquoi.

Les gargouillis entre les repas que je ressentais étaient du au MMC, qui signifie en anglais Migrating Motor Complex. C’est notre système intestinal auto-nettoyant. Une sorte de vague qui arrive environ 2h après une prise alimentaire et qui revient toutes les 90-120 minutes. Cela dure moins de 10 minutes mais ces vagues sont suffisamment fortes pour repousser les résidus d’aliments et de sécrétions digestives et les excès de bactéries de l’intestin grêle vers le colon. Le MMC permet donc de mettre au repos les intestins. Il s’arrête dès qu’on mange ou boit quelque chose – hors l’eau – y compris quand on mange un bonbon sans sucre ou quand on boit un café avec un nuage de lait.

Ces vagues sont bruyantes (grrrr…) en présence d’air dans les intestins.

Les rôles du MMC n’est pas encore totalement compris par les scientifiques mais si les vagues sont affaiblies ou moins fréquentes, il y a un risque de prolifération bactérienne. Ainsi 80% des SIBO sont dus à une déficience du MMC. C’est également fréquent chez ceux qui ont le syndrome de l’intestin irritable.

En bref:

  • Laissez le temps à vos intestins de s’auto-nettoyer entre les repas en espaçant vos prises alimentaires d’au moins 3H
  • Si votre ventre gargouille entre les repas, ne vous précipitez pas à manger quelque chose même si c’est gênant pour laisser le temps à votre MMC de faire correctement son travail. De toute façon, vous savez maintenant qu’ils ne dureront pas plus de 10 min.
  • Pour limiter les bruits des gargouillis, vous pouvez limiter tout ce qui va mécaniquement apporter de l’air dans les intestins en réduisant votre consommation en boissons gazeuses, chewing gum, cigarettes ou en mangeant calmement et limiter les aliments qui fermentent et notamment ceux qui sont riches en FODMAP. Retrouvez les listes sur www.fodmap.fr ou si besoin demandez conseils à votre diététicien-nutritionniste

 

 

SCOOP sur la constipation : le coupable est démasqué!

J’ai assisté en novembre dernier à une formation américaine ultra-intéressante sur le Syndrome de l’Intestin Irritable et le SIBO. Je souhaite vous faire part ici d’un scoop que j’ai appris sur la constipationce qui confirme d’ailleurs ce que je pressentais depuis longtemps!

Avant de vous parler de constipation, permettez-moi de faire une parenthèse sur les ulcères à l’estomac. Il y a quelques années, on pensait que tous les ulcères étaient dus au stress (le pauvre, on lui met tout sur le dos à celui là!). Puis, on s’est aperçu qu’en fait, 80% d’entre eux sont causés par une bactérie : Hélicobacter Pylori. Figurez-vous que certains chercheurs américains disent que pour la constipation c’est pareil !

Tout d’abord, il faut savoir que les bactéries du microbiote fermentent les résidus alimentaires. Cela produit différents gaz dont l’hydrogène et le méthane. La majeure partie de ces gaz est évacuée avec les flatulences et la respiration. C’est un phénomène normal tant que cette production a lieu dans le colon. Si la fermentation et donc cette production de gaz débutent dans l’intestin grêle c’est, en revanche, le signe de pullulation bactérienne (appelée aussi SIBO).

Des experts comme le Dr Pimentel ont montré que 80% des personnes constipées produisent du méthane dans l’intestin grêle. Cela peut être vérifié lors de tests respiratoires au glucose ou au lactulose.

Or, cette production de méthane ralentit le transit. Ainsi, des études ont prouvé que d’injecter du méthane ralentit le transit intestinal chez 69% des personnes. De plus, on sait aussi que pour la majorité d’entre nous, plus on vieillit, plus le transit ralentit, ce qui est aussi proportionnel à notre production de méthane. Les scientifiques essayent de comprendre pourquoi le méthane ralentit du transit. Cependant, ils ont découvert récemment que le méthane est  produit par une bactérie appelée m.smithii. Donc, en extrapolant, on peut dire que la constipation – et les ballonnements associés – sont due à un excès de m.smithii dans 80% des cas.

m-smithii

Sachant ça, comment faire pour résoudre un problème de constipation due à la production anormale de méthane ? On préconise actuellement une double antibiothérapie dont le Rifaximine, qui n’est malheureusement pas commercialisé en France, associée à des prokinétiques et des conseils alimentaires. D’autres médicaments sont en cours de recherche comme par exemple le lovastatin.

Affaire à suivre de très près donc…

 

Une surcroissance bactérienne responsable du syndrome de l’intestin irritable

Avez-vous déjà entendu parler du SIBO?

Avez-vous déjà entendu parler du SIBO?

Il s’agit du Small Intestinal Bacterial Overgrowth, c’est-à-dire d’une surcroissance bactérienne au niveau de l’intestin grêle.

Comme vous le savez sûrement déjà, notre flore intestinale (enfin – notre microbiote pour être plus exacte) est constituée de milliards de bactéries présentes essentiellement au niveau du colon. Or, dans certains cas, des personnes développeraient un surcroissance « anormale » de bactéries au niveau de l’intestin grêle qui serait responsables des symptômes digestifs divers et variés (diarrhée, constipation, ballonnements ou flatulences très importants, nausées, maux de ventre…).

Selon le Dr Pimentel, qui est le spécialiste américain du SIBO et dont j’ai eu l’occasion de suivre récemment une formation sur le sujet, pense que le SIBO serait responsable du développement du syndrome de l’intestin irritable post-infectieux (c’est à dire chez ceux qui ont développé le syndrome de l’intestin irritable après une infection bactérienne comme une gastroentérite, ou la turista).

Comment diagnostiquer un SIBO?

Le SIBO peut être mis en évidence par un test respiratoire à l’hydrogène ou au méthane en utilisant du lactulose (alors qu’on utilise du fructose, du lactose ou du sorbitol pour détecter des intolérances aux FODMAP).

Certains (ils sont malheureusement peu nombreux!) hopitaux et gastroentérologues libéraux pratiquent ces tests respiratoires.

Quels sont les traitements contre le SIBO?

Point de vue médicament, le Dr Pimentel parle essentiellement du Rifaximine qui est un antibiotique. En France, cet antibiotique est prescrit uniquement à l’hopital et pour d’autres indications comme les MICI (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin) ou l’encéphalopathie hépatique.

Lors de cette formation, d’autres voies plus naturelles ont été conseillées pour éradiquer ce SIBO, soit seules, soit en complément du traitement antibiotique au rifaximine. Ainsi, d’un point de vue nutritionnel, les docteurs intervenants conseillent de combiner un régime pauvre en FODMAP avec un régime SCD (Specific Carbohydrate Diet).

Mon opinion : 

L’alliance des régimes pauvre en FODMAP et SCD restreint de manière non négligeable l’alimentation mais cela peut représenter une solution aux personnes souffrant de SII postinfectieux chez qui l’alimentation pauvre en FODMAP n’est pas suffisamment efficace et qui ont des symptômes – notamment des gaz ou des ballonnements – très incommodants.

 

 

L’alimentation pauvre en FODMAP est-elle à vie?

Vous avez mal au ventre et vous suivez (ou souhaitez suivre) l’alimentation pauvre en FODMAP pour améliorer votre bien-être digestif. Beaucoup se demandent s’ils doivent suivre cette alimentation à vie.

La digestion est un processus complexe. Le dernier aliment mangé avant une crise n’est pas forcément celui qui vous a déclenché cette crise! Suite à une intolérance ou une malabsorption d’un aliment, les symptômes digestifs peuvent apparaître de quelques minutes jusqu’à plusieurs heures après l’ingestion de cet aliment. Il est donc difficile de savoir d’emblée quels aliments, et donc quels FODMAPs, vous tolérez et lesquels vous sont problématiques.

Dans l’alimentation pauvre en FODMAP, la première phase d’élimination consiste donc à éliminer tous les aliments contenant toutes les catégories des FODMAPs. Elle dure minimum 4 semaines.

Cependant, vous tolérez peut-être certaines catégories et quantités de FODMAP. De plus, les FODMAPs et les aliments qui les contiennent sont bons pour la santé. C’est pourquoi, après minimum 4 semaines de phase d’élimination, il est vivement conseillé d’élargir son alimentation (phase de personnalisation). Un diététicien-nutritionniste peut vous guider pour déterminer vos tolérances et intolérances (ou malabsorption) en suivant des règles très précises. A la fin de cette étape de personnalisation et d’élargissement, vous saurez quels aliments vous pouvez réintroduire sans que cela engendre ou aggrave vos symptômes digestifs.

Et après ?

Votre flore intestinale est composée de milliard de bactéries. Cela représente 2 à 3 kg de votre corps. Les chercheurs ont montré qu’il existait une différence au niveau qualitatif et quantitatif de la flore entre une personne souffrant de troubles fonctionnels intestinaux et une personne « normale ». Certains médecins parlent d’ailleurs souvent de SIBO ( Small Intestine Bacterial Overgrowth) qui signifie qu’il y a une excroissance de bactéries au niveau de l’intestin grêle. Ceci a pour conséquence une fermentation plus importante que la normale ce qui engendre des symptômes digestifs.

Les FODMAPs sont des glucides facilement et rapidement fermentés par les bactéries de votre flore intestinal. En diminuant les FODMAPs de votre alimentation, vous diminuez ce phénomène de fermentation. Après plusieurs mois d’alimentation pauvre en FODMAP stricte puis élargie, il parait logique que votre flore se modifie. C’est pourquoi, beaucoup de personnes peuvent, par la suite, réintroduire un plus grand nombre d’aliments riches en FODMAPs et mangent pratiquement normalement.

Enfin, il est important de noter que l’alimentation pauvre en FODMAP est une alimentation de confort digestif. Des écarts n’ont donc aucune conséquence sur votre santé!