Transit · Constipation

Constipation : que faire pour se débloquer

Le protocole dans l’ordre : le geste à faire maintenant, le délai pour savoir s’il marche, et le moment où il faut arrêter d’essayer seul.

Que faire maintenant

Le prochain geste, et quand vous saurez s’il a marché

Vous êtes bloqué et vous ne savez plus par quoi commencer. Répondez à trois questions : vous saurez quel geste faire maintenant, et à quel moment vous saurez s’il a marché.

Avant tout
1. Depuis combien de temps sans selle ?
2. Ma situation

Cochez tout ce qui vous concerne. Si rien ne correspond, passez à la question suivante.

3. Ce que j’ai déjà essayé

Cochez tout ce que vous avez déjà fait pour cet épisode.

Répondez à la première question pour afficher votre prochain geste.

Cet outil vous oriente, il ne pose aucun diagnostic.

Avant de lire la suite. Si vous avez des vomissements, un arrêt des gaz et des selles, ou un ventre dur, tendu et douloureux : appelez le 15 ou le 112 sans attendre. Une occlusion intestinale est possible. En attendant, ne mangez plus, ne buvez plus, et ne prenez ni laxatif, ni suppositoire, ni lavement — ils sont contre-indiqués dans cette situation et peuvent aggraver les choses.

Même chose si une constipation apparaît brutalement avec des difficultés à uriner, une zone insensible entre les cuisses ou une faiblesse des jambes : appelez le 15.

Rien de tout cela ? La suite est pour vous.

En bref

Les trois premières choses à faire

Si vous n’avez que trente secondes, voici l’ordre.

  1. Buvez un grand verre d’eau, puis marchez cinq à dix minutes. Ces deux gestes accompagnent le mouvement de l’intestin ; ils ne débloquent pas à eux seuls, ils préparent le suivant.
  2. Installez-vous correctement : pieds surélevés sur un petit marchepied — une pile de livres fait l’affaire —, dos droit, genoux remontés, coudes sur les genoux. Cette position aide à ouvrir le passage. Restez cinq minutes, pas plus.
  3. Présentez-vous aux toilettes dans la demi-heure qui suit un repas, de préférence le petit-déjeuner. Le réveil et le repas sont les deux moments où l’intestin pousse le plus fort ; au petit-déjeuner, ils se cumulent.

Si rien ne vient au bout de deux tentatives dans la journée, le geste suivant n’est pas de recommencer : c’est de passer à l’étape du repas suivant, décrite juste en dessous.

L’horloge

Le protocole, heure par heure

La plupart des conseils qu’on lit sont justes. Ce qui manque, c’est leur ordre et leur horloge : combien de temps on laisse à un geste avant de considérer qu’il n’a pas fonctionné.

Voici cette horloge. Elle vaut pour une constipation occasionnelle chez l’adulte, sans signe d’alarme.

Le protocole heure par heure : quand, quoi faire, comment savoir que ça marche, et quoi faire si rien ne s’est passé
QuandCe que vous faitesComment savoir que ça marcheSi rien ne s’est passé
MaintenantUn grand verre d’eau, 5 à 10 minutes de marche, puis 5 minutes aux toilettes, pieds surélevésUne envie qui monte, même faible, dans la demi-heureNe restez pas assis à insister : levez-vous, et reprenez au repas suivant
Au repas suivantUn repas contenant des fibres et de l’eau — une portion de pruneaux (une cinquantaine de grammes, soit cinq à six), deux kiwis verts, ou une cuillère de graines de lin moulues avec un grand verre d’eau. Nouvelle tentative dans la demi-heure qui suit ce repasDes gaz qui reviennent, un ventre moins tendu : le transit repart souvent avant que la selle n’arriveSi vous ressentez un blocage bas, très près de la sortie, un suppositoire agit en général en 5 à 30 minutes — voir les réserves ci-dessous
Le lendemain matinUn laxatif osmotique en automédication, du type macrogol, pris le matin avec un grand verre d’eau, en respectant la notice. C’est la classe recommandée en premier recours par les gastro-entérologues françaisUne selle molle dans les 24 à 48 heures qui suivent la première priseNe doublez pas la dose. Poursuivez à la dose prévue et passez à la ligne suivante
Au bout de 48 à 72 heuresVous arrêtez d’essayer seul : avis du médecin ou du pharmacien—Un épisode inhabituel qui se prolonge au-delà de 48 à 72 heures est un motif de consultation, pas un motif de remède supplémentaire

Trois réserves à lire avant d’appliquer ce tableau.

  • Le macrogol ne se prend pas si vous avez une douleur du ventre que vous ne vous expliquez pas, des vomissements, un ventre dur et tendu, ou un arrêt des gaz : sa notice l’interdit dans ces situations, et c’est un avis médical qu’il faut, pas un laxatif.
  • Le suppositoire n’est pas pour tout le monde : les notices l’excluent en cas de fissure anale, de poussée hémorroïdaire douloureuse, de saignement, ou de maladie inflammatoire de l’intestin. Il dépanne, il ne se répète pas jour après jour — un usage prolongé irrite le rectum.
  • Les graines de lin, et les fibres de lest en général, ne conviennent pas si vous prenez un opiacé, si vous avez un rétrécissement connu de l’intestin, ou si vous ne pouvez pas boire suffisamment : elles ajoutent du volume sans le faire avancer.

Sur le détail de chaque produit et le temps qu’il met à agir, tout est réuni ici : les remèdes et leur délai d’action.

Source du seuil de 48 à 72 heures : le seuil de 48 à 72 heures pour arrêter d’attendre (VIDAL).

Les trente premières minutes

L’eau et la marche ne sont pas des remèdes. Il faut être honnête sur ce point : les recommandations françaises ne retiennent ni l’augmentation des apports en eau, ni l’activité physique comme un traitement de la constipation chronique — sauf en cas de déshydratation, notamment chez les personnes âgées. Ce sont des gestes d’accompagnement, utiles parce qu’ils vous mettent en mouvement et qu’ils préparent le geste suivant, pas parce qu’ils débloquent.

Si la constipation dure depuis des mois, l’enjeu n’est plus le prochain geste mais le bon palier de traitement : constipation chronique, ce qui marche vraiment.

Homme jeune repoussant sa chaise et se levant de son bureau en open-space en fin de matinée
Se lever et marcher quelques minutes : un geste d’accompagnement, qui prépare le suivant.

Le café entre dans la même catégorie : chez une partie des gens, il déclenche une contraction du côlon dans les minutes qui suivent. L’effet est individuel et ne dépend pas seulement de la caféine.

Cinq minutes aux toilettes, pas quinze. Rester assis longtemps ne déclenche rien et abîme : la position, prolongée, favorise les hémorroïdes.

Au repas suivant

C’est la fenêtre du repas. Un repas — n’importe lequel, mais surtout le premier de la journée — déclenche une contraction du côlon appelée réflexe gastro-colique. Il est le plus fort au réveil et dans la demi-heure qui suit un repas. Beaucoup de gens vont aux toilettes au hasard, à l’heure où ils y pensent, et manquent systématiquement ce créneau.

Côté assiette, deux précisions comptent, parce qu’elles expliquent la plupart des « ça n’a pas marché » :

  • Les doses testées sont plus élevées que ce qu’on croit. Les travaux portent sur une cinquantaine de grammes de pruneaux par jour — cinq à six — ou sur deux kiwis verts. Deux pruneaux ne sont pas un essai raté, c’est un essai qui n’a pas eu lieu.
  • Ces fibres n’agissent que si vous buvez avec. Elles retiennent l’eau dans les selles : sans eau, elles ajoutent du volume sec.
Cinq à six pruneaux, deux kiwis verts dont un coupé en deux et un verre d'eau sur un plateau émaillé bleu
La portion réellement étudiée : une cinquantaine de grammes de pruneaux, ou deux kiwis verts — avec de l’eau.

Sur la durée, la cible recommandée est d’au moins 25 g de fibres par jour, atteinte progressivement sur deux semaines — jamais d’un coup.

Le lendemain matin, si rien n’est venu

Après vingt-quatre heures sans résultat, le geste alimentaire a montré ses limites. C’est le moment du laxatif osmotique, celui qui retient l’eau dans l’intestin plutôt que de forcer sa paroi à se contracter. C’est la classe recommandée en première intention par les recommandations françaises, pour son efficacité et sa bonne tolérance.

Deux règles simples : on le prend avec un grand verre d’eau, et on ne double pas la dose parce que rien ne s’est produit le premier jour — le délai attendu est de 24 à 48 heures.

Et une règle générale : on n’associe pas et on n’alterne pas des laxatifs de compositions différentes, et on n’utilise pas un laxatif de façon prolongée sans avis médical.

Source : ce que recommandent les gastro-entérologues français sur les laxatifs (Société nationale française de coloproctologie, recommandations 2017).

Au bout de 48 à 72 heures : le moment d’arrêter d’essayer seul

Un épisode de constipation inhabituel, survenu sans raison apparente et qui se prolonge au-delà de deux à trois jours, se signale au médecin. Ce n’est pas un échec de votre part : cela signale plutôt qu’un mécanisme entretient le blocage — un médicament, une pathologie, une constipation qui s’installe. Un avis ou un passage en pharmacie fait gagner beaucoup plus de temps qu’un quatrième remède.

Le mécanisme

Pourquoi l’ordre compte plus que le geste

Le créneau que presque personne n’utilise

Votre intestin ne pousse pas en continu : il pousse par vagues, et les plus fortes surviennent au réveil et dans la demi-heure qui suit un repas, quand le réflexe gastro-colique est le plus important. Le petit-déjeuner cumule les deux.

Ce créneau demande une chose difficile à organiser : ne pas être pressé. Se lever quinze minutes plus tôt fait souvent plus qu’un changement d’alimentation. L’intimité et le calme comptent aussi — c’est banal à écrire, c’est décisif en pratique.

Et quand l’envie vient, il faut y aller. Une envie qu’on repousse disparaît, et la selle reste plus longtemps au contact de la paroi du rectum, où elle continue de se dessécher : elle devient plus dure, donc plus difficile à évacuer la fois suivante.

Ce que change la position sur le siège

Assis normalement, le passage entre le rectum et l’anus n’est pas droit : un muscle en forme de sangle, le muscle puborectal, tire le rectum vers l’avant et forme un coude, l’angle ano-rectal. C’est un mécanisme de continence : il ferme le passage tant qu’on ne décide pas d’aller à la selle.

Quand vous remontez les genoux vers le ventre, ce muscle se relâche et l’angle s’ouvre. Le passage devient plus rectiligne, et l’évacuation demande moins d’effort.

L’angle ano-rectal selon la position sur le siège Schéma abstrait. À gauche, en position assise classique, le passage forme un coude serré, tenu par une sangle musculaire. À droite, genoux remontés et pieds surélevés, la sangle se relâche et le coude s’ouvre : le passage est plus droit. Position assise classique Genoux remontés, pieds surélevés Le coude est serré : le passage se ferme Le coude s’ouvre : le passage est plus droit

le rectum et le canal analle muscle puborectal, la « sangle »

Schéma simplifié, sans valeur de mesure : il montre le principe, pas un angle précis.

En pratique, la position conseillée est : dos droit sur la cuvette, jambes repliées vers l’abdomen, pieds surélevés sur un marchepied, coudes posés sur les genoux. Une pile de livres fait le même travail qu’un marchepied du commerce.

Une précision d’honnêteté : ce conseil repose sur le bon sens et l’expérience clinique, pas sur des essais. Les recommandations françaises le disent elles-mêmes — la littérature sur le sujet est quasi inexistante. Il ne coûte rien, il aide beaucoup de gens, mais ne vous reprochez rien s’il ne suffit pas.

Source : pourquoi le moment de la journée et la position aux toilettes comptent (Société nationale française de coloproctologie, texte long des recommandations 2017).

Pousser moins fort, et autrement

Le réflexe, quand rien ne vient, est de bloquer sa respiration et de pousser de toutes ses forces. C’est le geste le plus contre-productif de la liste. Il augmente brutalement la pression dans l’abdomen, favorise les hémorroïdes et les fissures anales, et peut provoquer un malaise, voire une perte de connaissance — un risque à prendre au sérieux si vous êtes cardiaque, hypertendu, suivi pour un glaucome ou récemment opéré.

L’idée à retenir : une poussée douce et progressive, sans bloquer sa respiration, en gonflant le ventre plutôt qu’en le rentrant. Trois ou quatre tentatives, pas davantage. C’est exactement ce qu’apprend la rééducation périnéale quand la poussée est en cause : coordonner la poussée avec le relâchement du périnée, au lieu de forcer contre lui.

Votre cas

Ce qui change selon votre situation

La constipation n’appelle pas la même conduite selon ce que vous vivez. Voici ce qui change.

Ce qui change selon votre situation, et ce qu’il ne faut pas faire
Votre situationCe que ça changeCe qu’il ne faut pas faire
Vous prenez un opiacé (codéine, tramadol, morphine, fentanyl)La constipation est un effet attendu du traitement, pas un accident. Le laxatif se met en place dès l’instauration de l’opiacé et se poursuit pendant toute sa durée — pas seulement quand ça bloque. Un repère existe : au troisième jour sans selle, on renforce et on demande un avisNe comptez pas sur les fibres de lest : sous opiacé, elles ajoutent du volume que l’intestin ne fait pas avancer, avec un risque de majorer douleurs et blocage. N’arrêtez jamais l’antalgique de vous-même
Vous prenez du ferLe ralentissement du transit et les selles foncées sont fréquents sous fer. La conduite alimentaire reste utileN’arrêtez pas le traitement sans avis : une carence en fer se traite. Parlez-en pour ajuster la forme ou la dose
Vous êtes enceinte ou vous allaitezLe transit ralentit, notamment sous l’effet de la pression exercée par le fœtus. Plusieurs laxatifs restent utilisables : le macrogol peut être prescrit en première intention pendant la grossesse, les laxatifs de lest égalementNe prenez aucun laxatif, même « naturel », sans demander : l’huile de ricin et les plantes stimulantes sont à éviter. Et si la constipation s’accompagne de douleurs abdominales, de saignements ou de contractions, ce n’est plus une question de transit : avis en urgence
Vous venez d’être opérée ou opéréL’immobilité, les antalgiques et l’anesthésie se cumulent. Reprendre la marche, même quelques minutes, est le geste le plus efficace — en suivant ce que vous a dit l’équipe soignante, et accompagné pour les premiers leversNe prenez pas de laxatif de votre côté sans le dire. Et si vous avez des vomissements, un ventre gonflé et plus aucun gaz, ce n’est pas une constipation : prévenez immédiatement, c’est peut-être une occlusion
Vous êtes alité ou votre mobilité est réduiteSans mouvement, le transit ralentit et la constipation s’installe. Le rythme régulier des repas et un passage aux toilettes à heure fixe comptent plus que l’alimentationNe laissez pas passer plusieurs jours sans selle en attendant que ça passe. Attention aux laxatifs lubrifiants si vous avalez difficilement : ils exposent aux fausses routes
Vous êtes en voyage ou votre rythme est casséC’est la situation la plus banale et la plus réversible : décalage horaire, horaires de repas modifiés, toilettes qu’on évite. Sans signe inquiétant, l’automédication est légitimeNe commencez pas par un laxatif : réinstallez d’abord un horaire fixe et un vrai petit-déjeuner
Vous avez plus de 50 ans et votre transit a changé récemmentUne constipation d’apparition récente et d’emblée importante après 50 ans se signale au médecin, même sans autre symptôme. Une coloscopie est indiquée dans ce cas, ainsi qu’en cas d’antécédent personnel ou familial de polype ou de cancer colorectal. Ce n’est pas alarmant en soi, c’est une vérificationNe le mettez pas sur le compte de l’âge sans en avoir parlé
Vous avez une maladie digestive, rénale, cardiaque ou neurologique connueDiabète, hypothyroïdie, maladie de Parkinson, sclérose en plaques, maladie inflammatoire de l’intestin, insuffisance rénale ou cardiaque : le seuil d’alerte est plus bas, et certaines consignes générales ne vous concernent pas — notamment les quantités de boisson et les eaux fortement minéraliséesN’appliquez pas les délais ci-dessus sans en parler : la consigne de l’équipe qui vous suit prime sur celle de cette page
Il s’agit d’un bébé, d’un enfant ou d’un adolescentRien de ce qui précède ne s’applique. Les seuils de l’adulte ne valent pas pour l’enfant, et un nourrisson qui n’a pas de selle depuis plusieurs jours relève d’un avis médicalNe donnez ni laxatif adulte, ni suppositoire, ni lavement à un enfant sans avis. Appelez votre médecin ou votre pharmacien

Source pour la ligne opiacés : comment se gère la constipation sous morphine ou codéine (Haute Autorité de santé).

Homme d'une soixantaine d'années marchant avec une béquille dans le couloir de son appartement, vers la lumière
Après une opération : reprendre la marche, même quelques minutes, en suivant ce qu’a dit l’équipe soignante.

Un ventre distendu et douloureux, avec des ballonnements qui ne cèdent pas, n’est pas la même chose qu’un simple retard de selle : la section suivante en donne les limites.

À éviter

Les six erreurs qui aggravent

  1. Pousser fort et longtemps. Cela n’ouvre pas le passage, cela l’irrite. Hémorroïdes et fissures anales viennent de là.
  2. Enchaîner les lavements. Répétés, ils entretiennent le problème au lieu de le résoudre. Un microlavement peut dépanner ; il n’est pas une routine. Chez une personne âgée, alitée, ou suivie pour une insuffisance rénale ou cardiaque, on demande un avis avant, pas après.
  3. Prendre un laxatif stimulant tous les jours. Cette classe est faite pour un usage ponctuel et court. Au long cours, elle masque une cause qu’il faudrait chercher. Et on n’associe ni n’alterne des laxatifs de compositions différentes.
  4. Se retenir une fois de plus. L’envie ne revient pas à volonté, et la selle se dessèche pendant l’attente. C’est le mécanisme d’entretien le plus fréquent, et le plus facile à corriger.
  5. Sauter des repas. Moins de repas, moins de réflexe gastro-colique, donc moins d’occasions d’aller à la selle. Manger moins n’allège pas un ventre bloqué.
  6. Augmenter les fibres d’un coup, sans boire. Passer brutalement à beaucoup de fibres sans augmenter l’eau donne des ballonnements et, parfois, un blocage plus dur. La montée se fait progressivement, sur deux semaines.

Le seuil

Quand arrêter d’essayer par soi-même

Appelez le 15 ou le 112 sans attendre — c’est le contenu de l’encadré d’ouverture, répété ici parce qu’on ne lit pas toujours une page dans l’ordre :

  • des vomissements, des douleurs abdominales et plus aucun gaz émis : une occlusion intestinale est possible
  • un ventre dur, tendu et douloureux
  • une constipation apparue brutalement avec des difficultés à uriner, une zone insensible entre les cuisses ou une faiblesse des jambes

En attendant les secours : ne mangez plus, ne buvez plus, ne prenez ni laxatif, ni suppositoire, ni lavement.

Un avis le jour même, auprès de votre médecin traitant ou d’une maison médicale de garde :

  • du sang dans les selles, ou des selles noires
  • de la fièvre avec de fortes douleurs dans le ventre
  • une douleur abdominale intense ou qui s’aggrave

Un rendez-vous dans les jours qui viennent :

  • un épisode inhabituel qui se prolonge au-delà de 48 à 72 heures, ou aucune selle malgré un traitement en vente libre bien conduit
  • une constipation qui s’installe et revient, alors qu’elle n’existait pas avant
  • une alternance de diarrhée et de constipation, ou des glaires dans les selles
  • une incontinence des selles apparue récemment
  • un amaigrissement ou une perte d’appétit que vous n’expliquez pas
  • une fatigue ou une pâleur inhabituelles, sans explication
  • un cancer colorectal ou une maladie inflammatoire de l’intestin chez un parent proche
  • une douleur qui irradie, notamment une douleur qui irradie dans le dos
  • vous avez plus de 50 ans et cette constipation est récente et d’emblée importante
  • vous prenez un traitement au long cours et le transit s’est modifié depuis

Ce qui n’est pas, en soi, un signe de gravité : un ou deux jours sans selle, un ventre un peu gonflé, une selle dure isolée, des gaz plus nombreux. Sur la question du nombre de jours et du seuil réel d’inquiétude, tout est détaillé ici : à partir de quand s’inquiéter d’une constipation.

Source : à quel moment consulter, et à quel degré d’urgence (Assurance Maladie).

Tout en bas

Si vous sentez que c’est bloqué tout en bas

Il existe une situation particulière : la selle est là, juste à la sortie, dure, et rien ne passe malgré l’envie. Vous pouvez ressentir une pression permanente, une envie qui ne se calme jamais, parfois de petites fuites liquides alors que vous êtes constipé. Ce dernier signe est trompeur : ce n’est pas une diarrhée, c’est un trop-plein qui contourne le bouchon.

Dans ce cas, les laxatifs oraux ne servent pas à grand-chose : ils agissent en amont, pas là où ça coince. C’est un suppositoire ou un microlavement qui agit au bon endroit.

Mais si la personne concernée est âgée, alitée, sous opiacés, ou suivie pour une insuffisance rénale ou cardiaque, l’ordre s’inverse : on demande d’abord un avis — médecin, pharmacien ou infirmier — avant tout lavement. Et si les fuites s’accompagnent de douleur, de fièvre ou d’un ventre dur, c’est un avis le jour même.

À lire : Fécalome : quand le bouchon ne passe plus

Source : les signes d’alarme qui font sortir de l’automédication (Société nationale française de gastro-entérologie).

Questions fréquentes

Comment débloquer une constipation rapidement ?

Le plus rapide est la combinaison d’un grand verre d’eau, de cinq à dix minutes de marche, puis d’un passage aux toilettes pieds surélevés, dans la demi-heure qui suit un repas. Si le blocage est ressenti tout en bas, un suppositoire agit en général en 5 à 30 minutes — sauf en cas de fissure anale, de poussée hémorroïdaire, de saignement ou de maladie inflammatoire de l’intestin. Il n’existe pas de geste qui débloque à coup sûr en quelques minutes.

Comment faire quand les selles ne veulent pas sortir ?

Ne poussez pas plus fort : changez de position. Dos droit, genoux remontés vers le ventre, pieds surélevés sur un marchepied, coudes sur les genoux, puis poussez doucement sans bloquer votre respiration. Restez cinq minutes, pas davantage, et réessayez après le repas suivant.

Combien de temps faut-il attendre avant de conclure qu’un geste n’a pas marché ?

Les gestes du moment — eau, marche, position — se jugent dans la demi-heure. Une modification alimentaire se juge sur une journée. Un laxatif osmotique se juge sur 24 à 48 heures. Et l’ensemble se juge à 48-72 heures : au-delà, demandez un avis plutôt que d’essayer autre chose.

Quel est le laxatif naturel le plus efficace ?

Les plus documentés sont les pruneaux et les kiwis, riches en sorbitol et en fibres, ainsi que les eaux riches en magnésium, dont l’effet laxatif est reconnu. Ils agissent en un à deux jours, pas dans l’heure, et aux doses étudiées — une cinquantaine de grammes de pruneaux, deux kiwis. Les eaux fortement minéralisées sont en revanche à éviter si vous avez une maladie rénale : le magnésium et les sulfates s’y accumulent. Et « naturel » ne veut pas dire sans effet : les plantes stimulantes ne conviennent pas à un usage prolongé.

Faut-il boire plus d’eau, et est-ce que ça suffit ?

Non, cela ne suffit pas. Les recommandations françaises ne retiennent pas l’augmentation des apports en eau comme un traitement de la constipation chronique, sauf en cas de déshydratation, notamment chez la personne âgée. L’eau compte surtout en association avec les fibres, qui la retiennent dans les selles. Visez environ 1,5 litre par jour — sauf si votre médecin vous a demandé de limiter ce que vous buvez, ce qui est le cas dans certaines maladies du cœur ou des reins : sa consigne prime sur celle-ci.

Le café aide-t-il vraiment à aller à la selle ?

Chez une partie des gens, oui : le café déclenche une contraction du côlon dans les minutes qui suivent. L’effet est individuel et ne dépend pas seulement de la caféine. Si le café vous fait cet effet, le boire au petit-déjeuner et rester disponible dans la demi-heure est plus utile que d’en boire davantage.

Peut-on prendre un laxatif tous les jours ?

Cela dépend de la classe. Les laxatifs osmotiques et de lest peuvent être utilisés dans la durée, sous suivi médical. Les laxatifs stimulants, eux, sont prévus pour un usage ponctuel et court. Dans tous les cas, on n’associe pas et on n’alterne pas des laxatifs de compositions différentes, et on n’en utilise aucun de façon prolongée sans l’avis de son médecin.

Que faire si je suis constipé à cause d’un traitement ?

N’arrêtez pas le traitement de vous-même. Signalez la constipation au médecin qui l’a prescrit. Avec les opiacés — morphine, codéine, tramadol, fentanyl —, le laxatif est prévu dès l’instauration du traitement et se poursuit pendant toute sa durée, pas seulement quand ça bloque. Les fibres de lest, elles, ne conviennent pas dans ce cas : elles ajoutent du volume que l’intestin ne fait pas avancer.

Sources & méthode

Les recommandations citées sur cette page proviennent de l’Assurance Maladie, de la Société nationale française de coloproctologie, de la Société nationale française de gastro-entérologie et de la Haute Autorité de santé. Les délais d’action indiqués proviennent des notices officielles des médicaments concernés.

Deux points sont donnés comme des repères pratiques, et non comme des recommandations établies : la position aux toilettes, dont les recommandations françaises précisent elles-mêmes qu’elle repose sur le bon sens plutôt que sur des essais, et la manière de pousser, qui relève de ce qu’enseigne la rééducation périnéale.

Cette page informe : elle ne remplace pas un avis médical et ne pose aucun diagnostic. Rédaction : La Rédaction d’Anti Maux de Ventre. Notre façon de travailler est détaillée dans notre méthode. Visuels générés par IA.

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